Le dernier train !  posté le lundi 08 août 2011 09:15

 

LE DERNIER TRAIN

 

 

TRAIN 029 IEKATARINBURG - VLADIMIR

Vendredi 29 juillet 2011 en milieu d'après-midi, je prends le train, l'avant-dernier, pour Vladimir, dans « l'Anneau d'Or » situé à moins de 300 km de Moscou.

Il y a 3 Russes dans mon compartiment, aucun ne parlent vraiment anglais. L'un des trois ira très vite sur sa couchette supérieure et je n'aurai aucun contact avec lui.

Quand aux deux autres, un couple, on tentera une timide approche mais malgré leur côté sympathique, nous n'irons pas très loin dans la connaissance de l'autre. J'apprends juste qu'il est ingénieur chimique et qu'elle est militaire...

 

Très vite, nous passons devant la borne marquant la « frontière » entre l'Asie et l'Europe, malheureusement trop vite pour prendre une photo.

Me voici donc en Europe, mais finalement ça fait quelques temps que j'ai l'impression d'y être : depuis l'entrée en Russie en fait...

Les Russes ont pour la plupart la peau blanche et même si à Ulan Ude la proportion « Blancs » - Asiatiques était de 50 - 50, celle-ci augmentera par la suite en faveur des premiers.

Les Russes conduisent en gros à l'occidentale : ils respectent globalement les limitations de vitesse, ne klaxonnent que très peu et laissent passer les piétons, ce qui m'étonne beaucoup. Quant aux piétons, ils ne traversent que lorsque le feu est vert. Bref, ils sont très disciplinés.

Quant à la nourriture, elle se rapproche beaucoup plus de ce que l'on trouve chez nous qu'en Asie, avec du jambon, du saucisson, du fromage, du pain, du chocolat (j'ai même trouvé du Côte d'Or!) et, bonheur suprème, du Nutella.

On trouve aussi des pommes de terre, des boîtes de maïs « Bonduel » et des yoghourts.

On trouve pas mal de bières (dont la Stella Artois!) et surtout des rayons entier de Vodka aussi, mais ça c'est typiquement russe...

Malheureusement, la bonne cuisine chinoise et surtout thaïe, sont loin, très loin, derrière.

 

Le trajet de 24 heures se passe assez bien, sans soucis.

Juste avant Nijni - Novgorod, la 3ème ville du pays, nous traversons la célèbre Volga.

Les gens ont l'air d'y sourire beaucoup plus, ça fait du bien !

Pour la première fois en Russie, j'entends une annonce en anglais à la gare et, en face de celle-ci, j'aperçois un McDonald's : cette fois, c'est sûr, on se rapproche de zones civilisées !

 

 

VLADIMIR

Samedi 30 juillet, j'arrive donc à Vladimir, à 300 km de Moscou... Après une telle distance parcourue, on peut dire qu'on est en banlieue.

Vladimir fait partie des villes de l'Anneau d'Or, c'est-à-dire des villes autour de Moscou avec un passé historique très important et un patrimoine religieux très important.

Pour changer un peu, et puis parce que je n'ai probablement pas d'autre solution, je m'installe à l'Hôtel ...Vladimir, un bel hôtel de catégorie moyenne.

L'accueil, lui, l'est aussi, moyen. En fait non, il est déplorable : les deux filles de l'accueil ne sourient pas et ont l'air, encore une fois, de tirer la gu... Chez nous, on en a viré pour moins que ça !

 

N'ayant pas de billet de train réservé pour Moscou, je repasse à la gare pour en acheter un. Et de nouveau, je me retrouve face à des gens désagréables et ne parlant pas anglais, à part un « next » pour indiquer que je ne suis pas au bon endroit. Après 3 « next », je fini par trouver le bon guichet, ouf...

La gare routière est juste en face, j'y prends les horaires pour me rendre à Suzdal, la ville voisine.

 

Vladimir est rapidement un coup de cœur, le premier en Russie, vaut mieux tard que jamais : il y a un nombre incroyable d'églises et de monastères avec bulbes ou dômes dorés, c'est vraiment magnifique. L'une des deux cathédrale, toute blanche, est décorée de superbes sculptures.

Une partie de ma visite du dimanche est interrompue par un énorme orage. Je l'avais heureusement senti venir et j'étais donc rentré juste à temps. J'ai heureusement la TV dans ma chambre, ce qui me permets de regarder le GP de F1 en Hongrie.

 

 

SUZDAL

Ce lundi 1er août débute ma toute dernière semaine de voyage, la 44ème au total (dont 26 semaines de voyage lors de la 1ère partie et 18 lors de la 2ème).

Officiellement, ma pause-carrière (« année sabbatique » pour nos amis Français) est terminée. Je recommence donc une année normale par ...des congés.

 

Je quitte Vladimir pour Zuzdal, à moins d'une heure de route, ce qui fait du bien. Ce n'est cependant pas la plus courte étape de mon voyage : au Népal, j'avais quitté Katmandou pour Patan, à 5 km de là...

 

Suzdal est à nouveau un coup de cœur : il y a une multitude d'églises un peu partout, parfois même non reprises dans le Lonely Planet et il faut croire que chaque habitant en a une à soi.

Le cadre est en outre très agréable avec une petite rivière qui serpente gentiment à travers la vallée.

Coup de cœur pour la guesthouse aussi, un superbe chalais tout neuf avec des dortoirs à 4 lits de la taille d'un salon et disposant en outre de leurs propores salles de bain et d'un balcon.

En outre, pour changer, l'accueil est assez chaleureux même si le couple ne parle pas trop bien anglais.

 

Je me dépèche à visiter le petit kremlin, superbe, et je fais bien car la pluie s'invite encore une fois...

J'en profite donc pour discuter avec un jeune couple de Suisses eux aussi en fin de voyage, de 6 mois, et des Françaises se dirigeant vers Beijing.

La spécialité de Suzdal étant l'hydromel, on la goûte en soirée avec les Suisses.

 

Le lendemain, la pluie est toujours là, n'ayant visiblement pas bien compris qu'elle n'était pas la bienvenue... En fait, elle va durer toute la journée !

Ayant tout de même envie de découvrir Suzdal, je me mets en route et je visite deux monastères qui doivent être certainement être très jolis sous le soleil.

N'ayant plus eu de pluie depuis un petit temps, je remarque que ma chaussure gauche n'est plus vraiment étanche.

 

 

 

DERNIER TRAIN POUR MOSCOU

Mercredi 03 août 2011, le soleil est revenu ! Pas de chance, je dois partir...

Je quitte Suzdal pour revenir sur Vladimir et y prendre mon train pour Moscou, à 300 km. C'est un train rapide, j'y suis en 2 heures en début d'après-midi.

 

Un taxi, un peu cher, me conduit au ...Transsiberian Hostel. Accueil un peu froid, ça ne devait pas durer...

L'auberge est installée dans un ancien immeuble, dans un quartier assez agréable du centre de Moscou et, surtout, à 20 minutes à pied du Kremlin.

En préparant ma visite du lendemain, je me rends compte que le Kremlin n'est fermé qu'une seule journée : le ...jeudi ! Et il est évidemment trop tard aujourd'hui pour y aller... Pas de chance !

 

Moscou devait être l'un des points d'orgue de mon voyage, et bien je dois avouer que je n'accroche pas vraiment... Certes le Kremlin, dont je me contente d'en faire le tour extérieur (3 km), est impressionnant, certes la Basilique Saint-Basile est grandiose, mais pour le reste, je dois avouer que non seulement je suis un peu déçu de la promenade proposée par le Lonely Planet (et de la Place Rouge, que j'imaginais bien plus grande) mais en outre que l'envie n'y est pas. Je pensais que je n'avais plus envie de continuer à visiter mais ma réaction à Riga et à Varsovie me prouveront le contraire.

 

 

UNE ESCALE A RIGA...

Vendredi 05 août 2011, direction Varsovie en avion, pour ma dernière étape.

Bye bye la Russie, je suis content de te quitter tu sais, mais je reviendrai, ne fut-ce que pour visiter le Kremlin. Une idée de voyage germe déjà : en 5 semaines, départ de Moscou et arrivée à Varsovie via St-Petersbourg et les 3 Pays Baltes. Mais ce n'est certainement pas pour tout de suite !

Le vol le moins cher pour Varsovie passe par Riga avec Air Baltic.

 

Après avoir rejoint l'aéroport avec la navette express, je passe le premier check point et ...paf c'est l'embardée : ma canne de marche reste coincée entre le tapis roulant et le 1er rouleau mobile du détecteur à rayon X. Du coup, comme il est impossible de la retirer, l'appareil est arrêté et les passagers déviés vers les autres appareils pendant qu'un technicien est appelé, qui démontera une partie de la machine pour récupérer ma canne, en mauvais état, tant pis !

A noter que pour ce vol, parti avec 2 heures de retard, Air Baltic collabore avec Aeroflot et c'est donc avec un avion de cette compagnie que je décolle. Les hôtesses sont extrêmement désagréables et expédient la distribution des en-cas.

 

A Riga, j'ai une escale de 5 heures. L'aéroport n'étant pas loin de la capitale, je m'y rends en bus et c'est immédiatement le coup de cœur ! Non seulement l'architecture de cette ville est magnifique mais en outre elle semble extrêmement jeune et dynamique. J'adore ! En fait, c'est la toute première ville agréable et « civilisée » (je vais en faire hurler je le sais!) que je rencontre sur ma route depuis Beijing au minimum, à savoir depuis un mois : la population est agréable et souriante, bois et mange à des terrasses magnifiques et semble très accueillante.

Je passe 3 heures à découvrir la ville, un peu au hasard : les coups de cœur se succèdent.

Mais il est déjà temps de rentrer sur l'aéroport. Je reviendrai par ici, c'est promis !

 

RENDEZ-VOUS AVEC CHOPIN

Samedi 06 & dimanche 07 août 2011

Je tenais énormément à terminer mon voyage avec ce rendez-vous avec Frédéric Chopin, l'un des Polonais les plus connus...

Après un « vrai » vol Air Baltic et des hôtesses TRES souriantes, ce qui fait un bien fou, me voici à Warsawa Frederic Chopin International Airport (code aéroport : « WAW », j'adore!).

Je ne suis jamais sorti aussi vite d'un aéroport : 15 minutes entre l'atterrissage et la sortie...

 

Avant mon (double) rendez-vous avec Chopin, je retrouve d'abord toute la Famille Bogdaniuk, mes amis Polonais chez qui je loge. Piotr, Gosia ainsi que Ewa, Annia et Witech me font un superbe accueil, comme à leur habitude.

Mes parents ont fait la connaissance de Gosia, puis de Piotr, à Varsovie il y a une quinzaine d'années, un peu par hasard. Depuis, on a toujours gardé le contact, que ce soit en Belgique, en Pologne, ou en Italie où le boulot de Piotr l'avait amené pendant quelques années.

Cela faisait 4 ans que je n'avais plus vu Piotr, Goshia et Witech (6 ans), et 8 ans que je n'avais plus vu Ewa et Goshia qui ont maintenant 17 et 18 ans : autant dire que ce petit monde a bien changé...

Chez eux, je déguste la délicieuse gastronomie polonaise !

 

Et puis on visite Varsovie aussi, ou plutôt, on revisite, car c'est la 3ème fois que je viens en Pologne. Et à vrai dire, c'était à chaque fois uniquement à Varsovie : je ne connais donc pas le pays, qu'il devient urgent de découvrir. Mais j'ai donc un voyage en tête pour cela !

 

Après un musée de la mémoire concernant la 2ème guerre mondiale et une citadelle le long de la Vistule situés en dehors de Varsovie, nous nous rendons dans le centre pour mon premier rendez-vous avec Chopin. Il s'agit du tout nouveau musée qui lui est consacré au Palais Ostrogski.

Ce musée est clairement le plus beau musée que j'ai visité au cours de mon voyage et très certainement l'un des plus beaux musées d'Europe. Un musée consacré à un musicien doit proposer de la musique et celle-ci y prend la plus grande place grâce à des écouteurs proposés dans toutes les salles. En outre, l'interactivité de ce musée est réellement exceptionnel, grâce à une carte magnétique personnalisée : elle était par exemple configurée en anglais pour moi, la langue française étant bientôt prévue, parmi d'autres.

Pas bien grand, c'est un fabuleux musée que je conseille à tout le monde de visiter un jour.

 

Après la visite du musée, nous visitons la vieille ville, qui commémore l'anniversaire de l'insurrection de Varsovie le 1er août 1944, et terminons par le superbe spectacle « son et lumière » nouvellement organisé le long des nouvelles fontaines de la ville situées près de la Vistule.

 

Dimanche 7 août, 2ème rendez-vous avec Chopin, au Parc Lazienki...

Tous les dimanches, dans ce parc, deux concerts de Chopin sont donnés gratuitement par de grands pianistes, au pied de la statue du compositeur (l'un à midi, l'autre à 16h).

A midi, c'est la pianiste japonaise Rinko Kobayashi qui interprète magistralement quelques-unes des plus belles œuvres, dont, évidemment, la Polonaise !

J'avais déjà assisté par deux fois à ce concert (j'ai rencontré une vieille dame polonaise qui y va tous les dimanches) et c'est magique, j'adore !

C'est vraiment comme cela que je voulais terminer mon voyage.

 

Dans l'après-midi, nous allons visiter le Quartier « Praga », de l'autre côté de la Vistule, qui est un peu l'équivalent du quartier des Marolles à Bruxelles : un quartier populaire qui devient tout doucement le quartier huppé de la capitale, mais ce n'est pas encore vraiment pour tout de suite car il y a énormément de travail de restauration à faire...

 

C'est la fin de mon voyage... La conclusion suivra bientôt !

lien permanent

L'avant-dernier message avant le retour...  posté le jeudi 28 juillet 2011 13:57

 

TRAIN K3 BEIJING - ULAN BATOR

 

 

Mercredi 06 juillet 2011, je quitte enfin Beijing pour la Mongolie. Je regrette déjà cette ville passionnante.

La gare centrale de Beijing est énorme, mais je la connais bien pour y être passé plusieurs fois. Je me dirige donc très facilement vers la salle d'attente du Train K3 à destination finale de Moscou. C'est une salle d'attente à part : non seulement elle est plus petite que les autres mais en outre, la majorité des passagers sont des voyageurs occidentaux, ce qui fait tout drôle.

 

Après la vérification de mes billets et de mon passeport, j'ai accès au quai et je découvre le Transmongolien qui couvre la distance Beijing - Oulan Bator - Moscou une fois par semaine.

Le panneau qui l'indique sur les wagons est d'ailleurs photographié de toute part.

 

Ce train est évidemment plus « classe » que la plupart des trains chinois : il y a du tapis partout.

 

J'ai un compartiment 2ème classe avec, malheureusement, une couchette supérieure, ce qui ne m'arrange pas vraiment vu l'état de mon genou gauche, que je maltraite un peu trop en rangeant mon sac. Le résultat est immédiat, une douleur fulgurante vient me frapper. Ça commence fort. Je sors rapidement ma genouillère de mon sac. Je ne l'avais plus utilisée depuis longtemps et ne pensais pas devoir la porter à nouveau au cours de ce voyage. Fort heureusement, l'un des 3 australiens avec qui je partage le compartiment me propose d'échanger sa couchette du bas avec la mienne. J'accepte avec beaucoup de plaisir.

 

Le train part à l'heure exacte (7h47) et sort rapidement de Beijing. Malheureusement, il fait très nuageux, ce qui fait qu'il est difficile d'apprécier les paysages.

Peu de temps après être partis, surprise, le responsable du train distribue un ticket gratuit pour le déjeuner ainsi qu'un autre pour le souper ! Je pensais que les repas n'étaient pas compris dans le prix du billet, je suis donc agréablement surpris.

Ceci dit, tout le monde a la même idée de débarquer tôt dans le wagon restaurant, ce qui fait que celui-ci est très vite complet. Je rentre donc dans mon compartiment et tente ma chance un peu plus tard en emportant simplement mon repas.

C'est aussi l'occasion de visiter ce train...

Un train chinois sans Chinois, ça fait bizarre : ce n'est évidemment pas la même ambiance et je le regrette bien fort.

Entre mon wagon et le wagon restaurant, il y a les premières classes, comme on les imagine pour les trains mythiques de ce genre : il n'y a que 2 couchettes au lieu de 4, une plus grande table, deux fauteuils et une douche que se partagent deux compartiments : WAW !

Enfin, dans chaque wagon, l'horaire complet du train est affiché. 6 jours complets entre Beijing et Moscou...

Il y a aussi une petite explication sur le passage de la frontière entre la Chine et la Mongolie : ça n'a pas l'ai triste !

 

Après avoir traversé les villes de Datong (et ses Grottes aux 1000 Bouddhas visitées il y a quelques années) et Zhurihe, nous arrivons à Erlian, la ville frontière chinoise, à 20h30.

Ici, le but du jeu est simple : il faut effectuer les formalités d'immigration tout en changeant d'essieux car les voies chinoises et mongoles sont de largeur différentes...

 

Dès lors, à peine arrêtés que les officiers de l'immigration montent dans les wagons et nous « consignent » dans nos compartiments, tout en collectant et vérifiant nos passeports. Même une fois cette opération terminée, impossible de descendre du train : des gardes nous en empêchent : ça ne rigole pas par ici !

Une fois que l'officier a terminé « son » wagon, nous sommes alors autorisés à descendre, mais nous ne pouvons pas sortir de la gare, ce qui limite fortement l'intérêt de l'endroit.

L'autre solution est de rester dans le train et d'observer les changements d'essieux, ce que je fais.

 

Le convoi, après avoir changé de locomotive, est donc conduit dans un énorme hangar où les wagons sont détachés un à un et séparés. Grâce à l'arrivée du train Ulan Bator - Beijing, j'ai pu observer ce qui se passait : les ouvriers commencent par désolidariser les essieux des wagons puis, grâce à des vérins hydrauliques, commencent à faire monter les wagons d'un bon mètre. C'est assez impressionnant : nous sommes déjà assez haut dans un wagon traditionnel, alors lorsque celui-ci est un mètre plus haut que d'habitude, ça donne une drôle de sensation.

Une fois cette procédure terminée, les essieux sont retirés et remplacés par de nouveaux, plus larges ou plus étroits selon le pays, les wagons sont redescendus, les essieux sont à nouveau attachés, puis le convoi est reformé et l'on peut alors revenir à la gare. La procédure dans le hangar dure au total 1h30. J'ai été très surpris de constater que l'on pouvait photographier et filmer sans soucis...

 

A la gare, les passagers sont alors autorisés à rentrer dans le wagon. Ils sont une nouvelle fois suivis par les officiers d'immigration qui nous rendent nos passeports tamponnés.

Il est minuit, bye bye la Chine et en route vers la Mongolie.

Une demi-heure après, nous voici au poste-frontière mongol. Même topo, des officiers d'immigration montent dans le train, récoltent nos passeports et nous devons alors patienter jusqu'à ce qu'ils nous les rendent.

A 1 heure du matin, nous rentrons en Mongolie et je peux m'endormir tranquillement...

 

Le Nadaam

 

 

Je me réveille vers 09h30, la nuit a été bonne.

Les paysages sont superbes et l'on voit déjà les premières « Ger » (les yourtes mongoles).

L'architecture est désormais complètement différente de la Chine et se rapproche plus de ce que je connais de la Russie.

Dans les gares, c'est désormais l'alphabet cyrillique qui prévaut, l'alphabet ayant été imposé par l'URSS, mais pas la langue...

 

Après 29 heures de train, nous arrivons pile à l'heure à Ulan Bator.

J'ai la surprise de voir mon nom sur une affiche : Serge, lunettes noires, veston en cuir et une carrure plus importante que la moyenne asiatique, est venu me chercher. Je lui ai réservé une chambre dans sa guesthouse, mais c'est chez lui qu'il me conduit, je n'ai jamais vraiment su pourquoi. Mais je passerai une semaine grandiose.

Serge, c'est le diminutif d'un prénom bien compliqué, parle anglais impeccablement. Il a vécu quelques années à Prague du temps du communisme et parle donc impeccablement le tchèque également. Sa sœur, elle, est mariée à un ...belge et vis à Anvers.

Serge est marié et a deux fils, l'un de 16 ans parlant lui aussi impeccablement l'anglais (il se prépare d'ailleurs à intégrer une université à ...Taipei), et l'autre de 8.

Je ne tarde pas à comprendre que dans l'appartement, le chef, c'est sa femme !

 

Mon père et mon frère étaient venus à Ulan Bator il y a une dizaine d'années et m'avaient dit qu'ils avaient l'impression d'être à la campagne. La ville a dû pas mal changer en dix ans car j'ai plutôt l'impression, moi, de me retrouver dans un faubourg glauque de Beijing. Car il faut être clair : Ulan Bator est sans doute la capitale la plus moche que j'ai visitée. Elle ne semble avoir aucun plan d'ensemble cohérent, l'architecture est soviétique, donc horrible, dans son ensemble et il n'y a vraiment pas grand chose à voir.

Je visiterai tout de même le Monastère Bouddhiste Tibétain local, tout petit et finalement assez sympa. Sa statue de Bouddha de 26,5 mètres de haut est impressionnante...

Cependant, c'est une ville d'une étonnante vitalité : il y a des restaurants, des magasins, des bars, des pubs, des guesthouses, des hôtels et des cybercafés un peu partout : ça bouge bien par ici !

On y roule à droite, mais la plupart des voitures viennent directement du Japon, ce qui fait qu'elles ont elles aussi le volant à droite...

 

Je découvre également les Mongols et les Mongoles...

Si jusqu'ici, je pouvais bousculer un asiatique sans avoir peur de me faire mal, il en est tout autrement par ici : les Mongols ont une de ces carrures qui imposent le respect et qui ne donnent certainement pas envie d'aller les bousculer, surtout quand ils ont bu, et ils sont nombreux. Ça change de l'Asie : on se rapproche de la Russie dont se sentent proches les Mongols. La Vodka est partout ici !

Quant aux Mongoles, elles ont aussi une sacré carrure pour la plupart et s'habillent souvent de manière très sexy, avec des décolletés très plongeants que l'on ne peut pas louper...

A Ulan Bator, il y a au moins 10 à 15 degrés en moins qu'à Beijing : je suis souvent en pull alors que les Mongols, eux, ont trop chaud...

 

La langue, quant à elle, est complètement incompréhensible et l'alphabet aussi, même si j'ai l'impression de comprendre quelques mots.

 

 

Enfin, je n'ai pas réussi à découvrir quels étaient les plats traditionnels locaux. Une chose est certaine, c'est gras !

Je découvre très rapidement, Oh bonheur, deux restaurants thaïlandais. Je m'empresse donc d'y aller. Le premier ne fait plus office de resto, quant au second le riz n'est pas thaï et donc le goût n'y est pas... Bon...

Par contre, la bière est sans doute l'une des meilleures d'Asie.


La musique moderne locale est assez entraînante et reprend parfois des tubes occidentaux : The Communards (ah les années 80!) et Queen en sont deux exemples.

 

L'Ambassade de Russie est une forteresse d'une mocheté sans nom. Quant à l'Ambassade de France, au vu des cartes postales de présentation à l'entrée, elle doit être occupée exclusivement par des Parisiens et des Bordelais.

 

Enfin, Ulan Bator est la seule ville d'Asie que je connaisse qui dispose d'un monument dédié aux « quatre gars de Liverpool », alias les ...Beatles !

 

Mais si je suis ici en Mongolie, c'est essentiellement pour le Naadam : l'évènement le plus important de l'année mongole. A la fois réunion familiale, foire et olympiades nomades, le Naadam (qui signifie « fête » ou « jour férié ») puis ses racines dans les assemblées nomades et les extravagantes prouesses des armées mongoles.

Elle est composée de 3 sports « virils » traditionnels : la lutte, le tir à l'arc et la course à cheval, ainsi que de l'insolite tir à l'astragale.

 

Dimanche 10 juillet : Fête Nationale Mongole et 1er jour du Naadam.

Le matin, défilé militaire sur la Place centrale et revue des troupes par le Président de la République sous l'œil vigilent mais bon enfant du service de sécurité. Ambiance très agréable. Je découvre l'armée au féminin ainsi que l'armée et ses décorés...

 

En début d'après-midi, début de la compétition du tir à l'arc dans le petit stade voisin du grand.

Les archers, tous en tenue traditionnelle, et c'est superbe, utilisent un arc composé de cornes, d'écorces et de bois. Les flèches sont généralement faites de branches de saule et de plumes de vautour. Le bout est protégé, mais probablement pas assez : un jeune mongol a reçu une « flèche perdue » à la cuisse et manifestement, ça faisait très mal.

Les hommes se tiennent à 75 mètres de la cible et les femmes à 60 mètres. Après chaque tir, les juges poussent un cri et lèvent les bras pour indiquer la qualité du tir.

 

Lundi 11 juillet : 2ème jour du Naadam.

Ce matin, c'est la cérémonie d'ouverture. La vente des billets étant sold out depuis longtemps, Serge n'ayant même pas réussi à m'en trouver un, le marché noir fonctionne plutôt bien et je finis par trouver un billet à ...8 fois son prix (24€ au lien de 3). Mais je ne le regrette pas, la cérémonie est tous simplement somptueuse, avec en ouverture, l'entrée d'une centaine de cavalier dans le stade. Ambiance survolté, les Mongols aimant manifestement les chevaux.

La suite est très colorée elle aussi, avec la parade d'une armée mongole en uniforme traditionnels, des danses, des chants t des reconstitutions historiques.

Les premiers combats de lutte suivent la cérémonie d'ouverture.

La lutte mongole ne connaît pas de limite de temps : le combat se termine quand l'un des adversaires tombe ou qu'une partie de son corps autre que les pieds ou les mains touchent le sol.

Avant le combat, les lutteurs exécutent la « danse de l'aigle » pour témoigner leur respect au juge, puis le vainqueur l'exécute à nouveau à la fin du combat. Le perdant passe sous le bras droit du vainqueur en signe de pais entre les lutteurs. Également très spécifique, la tenue des lutteurs se compose de lourdes bottes, d'un petit slip serré et d'un boléro ouvert.

Mardi 12 juillet : 3ème jour du Naadam.

Je prends un bus depuis le grand stade pour aller voir les courses de chevaux qui ont lieu en dehors de Ulan Bator.

Le bus est bondé et un Mongol finit par mettre sa fille sur mes genoux, qui s'endort presque immédiatement : pas farouche les enfants par ici !

C'est la première fois que je retrouve la nature après presque un mois et je dois dire que ça fait du bien : la steppe mongole est tout simplement magique et le sentiment de liberté est énorme !

Le territoire mongol est tellement grand et tellement peu peuplé (1.566.500 km2, soit 2 fois la France, pour 2.700.000 habitants, dont 1.000.000 rien qu'à Ulan Bator...) que le gouvernement offre à chaque famille mongol 5 km2 de terre... Vous avez bien lu : 5 km2 de terre offerte...

La plupart des Mongols n'en profitent cependant pas... Réaction de Serge : « Qu'en ferais-je ? »...

Ça laisse rêveur !

 

Les courses de chevaux ont donc lieu en pleine steppe, puisqu'il y a toute la place que l'on veut, et se répartissent en 6 catégories selon l'âge du cheval et la distance (15 ou 30 km). Les jockeys sont des enfants de 5 à 12 ans.

J'assiste à une course de jeunes chevaux montés par de jeunes enfants de 5 à 8 ans. Ils doivent monter à cheval avant d'apprendre à marcher, ce n'est pas possible autrement !

Ceci dit, certains chevaux étant montés sans selle, ils arrivent parfois sans leur cavalier.

J'ai vu le départ de la course à la TV : un départ en ligne d'une centaine de cavaliers est vraiment grandiose !

L'arrivée est très animée, les Mongols applaudissant le premier et encourageant tous les autres.

Toute la population d'Ulan Bator et de la région s'étant donnée rendez-vous pour cette course, le retour est lent, très lent car un embouteillage monstre se forme pour rentrer dans la capitale.

 

Mercredi 13 juillet : dernier jour du Naadam.

Aujourd'hui, Serge me propose d'aller voir les combats de lutte qui ont lieu dans la steppe, au même endroit qu'hier. On y va avec son 4X4 en compagnie de 2 jeunes tchèques.

Il y a nettement moins de monde qu'hier, cette dernière journée étant l'équivalent du « Lundi des Namurois » lors des Fêtes de Wallonie...

Serge, très fier, m'annonce que le Naadam a été inscrit cette année au Patrimoine Mondial de l'UNESCO, et il le mérite bien !

 

Avant les combats de lutte, Serge nous conduit dans une énorme ger (yourte mongole) d'un grand groupe économique national. Il y a ses entrées puisque sa sœur, Miss Mongolia 2002, a épousé le grand patron...

Nous sommes donc reçus et invités à sa table, où se trouvent le vainqueur du Tournoi de Lutte Mongole mais aussi un membre du Gouvernement...

On ne pouvait pas y échapper, on nous sert un bol de lait de jument fermenté... drôle de goût !

 

La lutte, elle, a lieu dans une arène et est vraiment incroyable. Les lutteurs sont très costauds et les combats très intéressants. Les spectateurs apprécient beaucoup.

A noter, lors d'un pause, l'amusant combat de deux enfants de 5 - 6 ans qui font tout comme les grands !

 

 

Jeudi 14 juillet, nous sortons en famille...

Serge n'emmène visiter le superbe Parc National de Gorkhi - Terelj situé non loin de « U.B. ». Magnifique endroit, avec de belles rivières, de belles forêts et des collines. Pas mal de camps de gers touristiques se sont installés ici et j'avoue qu'il doit être agréable d'y passer quelques jours.

La « seconde maman » de Serge, 89 ans, habite dans un ger non loin de là. Toujours bon pied, bon œil, elle nous reçoit avec des biscuits et ...du lait de jument fermenté. Il est chaud, ça passe mieux.

En remontant dans le 4X4, j'ai une nouvelle alerte au genou : il est décidément temps que ce voyage se termine !

On passe d'excellents moments dans cet énorme Parc National et, en rentrant, nous passons par la statue la plus incroyable de ce voyage : une statue équestre de Gensis Khan de ...40 mètres de haut, en plein milieu de nulle part ! Incroyable.

On accède au sommet de la tête du cheval par un ascenseur, d'où l'on a une superbe vue.

Train 263 Ulan Bator - Ulan Ude, Fédération de Russie

 

 

Ce vendredi 15 juillet, il est temps de repartir...

Direction Ulan Ude, en République Bouriate faisant partie de la Fédération de Russie. Intérêt essentiel de la région : le Lac Baïkal.

 

La première fois que j'ai entendu parler de ce coin, c'est lorsque mon paternel, mon frère et un de ses amis en ont été rapatriés suite à une agression de bouriates en 2004... Mais n'anticipons pas...

 

Dans tous les trains russes, comme dans les trains chinois d'ailleurs, il y a des responsables de wagon. En Russie, ces hôtesses de train s'appellent les provodnitsa, ou provodnik au masculin.

Elle (ou parfois il) vérifie les billets avant l'embarquement, distribue les draps, réveille les passagers qui arrivent à destination en pleine nuit, s'assure que le samovar est toujours rempli d'eau bouillante et veille à la propreté du wagon. Sur ce dernier point, elles sont très forte : les trains russes sont nettement plus propre que les trains chinois.

Sur les longs trajets, les provdonitsi travaillent en équipe de deux et se relaient.

 

Pour monter dans mon wagon, je suis accueilli par un provodnik, un homme, mais il y a une provodnitsa à l'intérieur, une bonne femme d'une carrure impressionnante et à la voix tellement forte que ses enfants doivent l'appeler « papa » plutôt que « maman ». Elle se révèlera cependant être charmante et très accueillante.

J'ai comme voisin de compartiment un new-yorkais qui descend à Irkoutsk, de l'autre côté du Baïkal. Dans les deux compartiments voisins se trouvent Bernard (étudiant en stage à Singapour, il a décidé de rentrer à Paris en train depuis Saigon au Vietnam) ainsi que Éric & Chloé un jeune couple bien sympathique qui, pour leur premier voyage en Asie, ont décidé de découvrir la Mongolie et de revenir en train eux aussi. On passe pas mal de bons temps ensemble, à jouer entre autre à un jeu cartes israélien...

 

Je découvre aussi les joies des fuseaux horaires : toutes les gares russes sont à l'heure de Moscou et tous les billets indiquent cette même heure également : il faut donc bien savoir sur quel fuseau on se trouve si l'on veut prendre son train à l'heure. Et il y a 7 fuseaux horaires sur toute la Russie !

 

La nuit se passe bien et je suis réveillé vers 07h30 par la provodnitsa qui vient nous apporter les documents d'immigration. Nous sommes à la frontière mongole, depuis une heure déjà semble-t-il...

En descendant du train, je remarque que la loco a été enlevée. Je dois cependant très vite y remonter sur l'ordre de la provodnitsa car une officier d'immigration vient récupérer les passeports. Une militaire passe ensuite vérifier les compartiments où se trouvent des Mongols. Nous récupérons nos passeports une petite heure après. Étant dans le compartiment de Éric & Chloé à ce moment-là, je suis « sommé » de rejoindre le mien pour récupérer mon passeport...

 

Le train se remet en route vers 10h45...

 

 

Une demi-heure plus tard, nous arrivons à la frontière russe. Un officier monte dans le train au moment où Bernard prend quelques photos. Il l'interpelle, lui demande de montrer ses photos et lui impose de les supprimer : « delete », « delete », « delete », ... Ça ne rigole pas par ici !

S'en suit une fouille complète du compartiment par une soldate puis le train se remet en marche, entre 2 barrières de fils barbelés. J'ai l'impression que rien n'a vraiment changé chez les Ruskofs par rapport à l'URSS...

Les officiers d'immigration russes récoltent alors les passeports et le train s'arrête dans la première gare russe. La cassure est nette : les russes sont désormais bien blancs et les habitations sont en bois.

Nouveau contrôle du compartiment, suivit d'un deuxième avec un chien policier...

 

Arrivés dans cette gare vers 11h30, nous n'en repartirons que vers 16h00. L'attente sera longue, sous un soleil de plomb et pas grand chose à voir ou à faire à l'extérieur de la gare, à part un petit marché dont on fait le tour en 2 minutes 30 secondes.

 

J'arrive à Ulan Ude à 17h00 « Moscow Time » (15h00 « Bruxelles Times »). Je pensais que l'on était sur le même fuseau horaire que Ulan Bator, soit 22h mais non, il est 23h...

Les proprios de la guesthouse devaient venir me chercher mais ils ne sont pas là, je dois donc prendre un taxi jusqu'au GST Hostel. Accueil assez froid, ça commence fort.

 

ULAN UDE, SIBERIE, FEDERATION DE RUSSIE

17 - 21 juillet 2011

 

 

  • How does the Russian see I'm not Russian ?

  • Stop smiling !!! 

 

 

Cette conversation qu'a eue un copain il y a quelques années est très vraie : les Russes ne sourient JAMAIS, ou presque. C'en est dépriment, tout comme la ville d'Ulan Ude d'ailleurs, où il n'y a pas grand chose à voir et à faire, mis à part la tête géante de Lénine, la plus grande au monde...

En outre, non seulement les Russes tirent la gu... pratiquement 24/24 mais très peu parlent anglais, ce qui ne donne pas du tout envie d'aller vers eux. Et dans les magasins, lorsqu'un(e) russe s'adresse à vous et que vous lui dites en anglais que vous ne comprenez pas la langue, il (elle) continue à vous parler en russe comme si on ne leur avait rien dit... Brrrrrr....

Le pire dans tout cela, c'est que si en Asie, on voyait forcément qui était le touriste et qui était le local à la couleur de sa peau, ce n'est plus du tout le cas ici, même s'il y a encore 50% d'asiatiques qui sont un peu plus souriants que les « blancs », je passe inaperçu et j'ai la désagréable impression de devoir montrer que je suis un étranger.

 

La seule véritable bonne nouvelle, c'est que la censure chinoise est dernière moi et je peux enfin ouvrir Facebook, où j'ai pas mal de messages.

 

Je suis ici à Ulan Ude pour découvrir le Lac Baïkal situé non loin d'ici. J'avais programmé plusieurs jours en espérant pouvoir loger proche du Lac mais je me rendrai très vite compte que de ce côté-ci du Baïkal, ce n'est pas vraiment possible. J'ai donc bien trop de temps à ma disposition.

 

Je me rends à Oust-Bargouzine, petit village le long du Lac Baïkal en bus local, à travers de superbes paysages. Je suis le seul étranger à bord, personne ne sourit...

Le Lac Baïkal représente la plus grande réserve d'eau douce liquide de surface au monde : 23.400 km2...

Il est vraiment très joli, même si le temps ne permet pas de l'observer convenablement.

Curieusement, alors qu'il faisait étouffant hier, il fait froid aujourd'hui : drôle de gens, drôle de pays...

Je m'offre une petite promenade le long de ses berges mais l'état de mon genou étant celui qu'il est, je préfère rester prudent.

 

Dans le superbe village de Oust-Bargouzine, les maisons en bois aux fenêtres superbement décorées sont vraiment très plaisantes.

Il y a aussi un complexe de sanatorium, où les russes se rendent en masse.

Je suis abordé en russe par Alexis, un jeune homme SOURIANT (enfin un!). Lorsque je lui dit que je ne parle pas russe, il se met à parler un peu anglais avec moi. La conversation est très plaisante même si un peu limitée. Mais au moins, elle a eu le mérite d'exister.

Dans le bus de retour, je fais la connaissance de Boris, un autre russe, asiatique, avec qui je discute un peu.

 

 

Dans un premier temps, je constaterai qu'il existe deux sortes de Russes : ceux qui parlent anglais et qui sont très accueillants, et ceux qui ne parlent pas anglais et qui sont aussi accueillants qu'une porte de prison...

Mais je me rendrai compte plus tard qu'en fait, la distinction doit plutôt se faire entre les gens qui voyagent et ceux qui ne voyagent pas...

 

Le 20 juillet, je vois arriver 3 Flamands à la guesthouse ! On fait connaissance, en anglais, en flamand et en français et le courant passe immédiatement.

On parle un peu politique aussi : ils n'aiment pas vraiment Bart De Wever mais on rigole surtout de la situation de notre petit pays.

Le lendemain soit, 21 juillet, Fête « Nationale », on passe une soirée très agréable.

TRAIN T4 ULAN UDE - KRASNOÏARSK

Vendredi 22 juillet 2011

 

 

Départ à l'heure...

Dans mon compartiment, se trouve Boris, un jeune homme d'affaires de 25 - 30 ans parlant un anglais impeccable.

On discute pas mal, il est très accueillant, ce qui fait du bien !

Je lui explique que je suis venu à Saint-Petersbourg en 1982, mais qu'en ce temps-là, la ville s'appelait Leningrad et le pays URSS, et que ça a sans doute pas mal changé depuis ce temps-là, il me répond que les Palais et les bâtiments de Saint-Petersbourg sont toujours là et que la ville est toujours la même... En voici un qui n'a pas connu la période du communisme...

 

Très vite, on longe le Lac Baïkal, sous le soleil. C'est vraiment magnifique. Il y a pas mal de petits villages en bois et des russes qui campent le long des berges.

 

Boris descend à Irkoutsk, sa ville natale, et c'est Viktor qui y monte. Lui aussi parle un anglais impeccable et on discute pas mal aussi. Physiquement, il ressemble à ...Bart De Wever, en plus mince et en probablement plus sympathique.

 

Juste avant d'arriver, je lui demande s'il connait l'adresse de la guesthouse que j'ai réservée. Il me répond par l'affirmative et me propose de me trouver un taxi pour y aller.

Une fois à la gare, il retrouve sa superbe femme blonde et me déclare que, finalement, il va m'y conduire en voiture ! Je suis agréablement surpris !

Ils m'y déposent donc, sans rien me demander, après avoir quelque peu cherché le bon endroit.

 

A Krasnoïarsk, nous ne sommes plus qu'à « Moscou +4 ».

 

KRASNOÏARSK

23 juillet 2011

 

 

Le Kiwi Hostel est une toute petite auberge de jeunesse installée dans l'appartement d'un immeuble à la limite de la ville. Le couple de propriétaire, deux jeunes, sont très accueillants et très sympathiques.

Deux anglais et un australien sont présents, bientôt rejoints par 3 suisses. Les deux anglais ont un tel accent que j'ai parfois l'impression qu'ils parlent allemand.

 

Krasnoïarsk n'est pas une ville très intéressante et, encore une fois, les russes qui ne parlent pas anglais sont fermés et désagréables.

L'intérêt de l'endroit réside dan la superbe réserve naturelle proche de la ville. Je m'y rends et m'y ballade en faisant très attention à mon genou gauche.

En réalité, je ne sais pas où il en est : quelque part, je me sens rassuré car la promenade se passe bien mais j'ai de temps en temps l'impression qu'il est prêt à lâcher. Quoiqu'il en soit, je dois rester extrêmement prudent.

 

 

 

TRAIN 339/349 KRASNOARSK - IEKATARINBURG

25 juillet 2011

 

Ce trajet est le plus long de mon trajet : 36 heures et passage de deux fuseaux horaires.

 

Je me retrouve dans le compartiment de Patrick et Tatiana, qui voyagent avec leurs deux filles Annia (8 ans) et Sasha (6 mois). Patrick vient de terminer son service militaire à Khabarovsk, sur la Côte Est proche de Vladivostok et ils rentrent dans la famille de Tatiana qui habitent l'enclave de Kaliningrad située entre la Lituanie et la Pologne. 6 jours de train jusqu'à Moscou puis, enfin, avion : fameux périple avec des enfants de cet âge.

 

Tatiana, qui ressemble à Axelle Red mais en brune, parle un tout petit peu l'anglais. Cependant, c'est mon petit dictionnaire français - russe qui nous sauve en partie. On essaye de se comprendre, étant tous frustrés de la faiblesse de ce dictionnaire, mais ça se passe cependant très bien. Patrick prend régulièrement mon dictionnaire, écrit la traduction française puis me la tend. A un moment, il me demande si je joue aux échecs. Je lui répond que je suis très mauvais. Il reprend mon dictionnaire pour écrire « Dommage ! ».

 

Peu après le départ, « idot docht' » : il pleut !

 

En soirée, lors d'un arrêt, Patrick a acheté une bouteille de Vodka. Je me doutais bien que je n'y couperais pas au cours de ce voyage. Nous y voici donc. Fort heureusement, ce n'est qu'une bouteille d'un demi-litre, je n'ai pas à aller loin puisque je suis sur ma couchette et que j'ai le lendemain pour m'en remettre éventuellement...

De toasts en toasts, on vide la bouteille à deux et ça se passe mieux que je ne le redoutais. Mais c'était limite tout de même.

La nuit est excellente !

Le lendemain, je passe quelques moments à jouer avec Annia, une jolie petite blonde aux yeux bleus.

 

IEKATARINBURG

26 juillet 2011

 

J'arrive très tard, vers 22h30, à Iekatarinburg...

Cette fois-ci, je m'étais décidé à loger chez l'habitant, les hôtels étant assez chers en Russie. J'avais donc réservé au « Meeting Point », et la propriétaire, Ekatarina, m'avait rapidement contacté par mail. Le contact est tout de suite bien passé.

 

Comme j'arrivais tard, vers 22h30 (« Moscow Time » +2), je lui ai demandé si elle pouvait m'appeler un taxi.

C'est en arrivant à la gare que j'ai reçu le sms le plus insolite de ce voyage : Ekatarina me signalait simplement que le taxi de marque « Reno » de couleur blanche et avec un certain numéro de plaque m'attendait. Et effectivement, il y était !

 

Ekatarina est une jeune femme dynamique (parfois un peu trop) de 25 - 30 ans parlant impeccablement l'anglais. Elle a transformé son minuscule appartement de deux pièces en dortoir. C'est une expérience assez sympa finalement.

 

Le tour de la ville, par contre, est assez décevant. Il n'y a pas grand chose à voir. Ou plutôt il n'y a plus grand chose à voir, l'un des derniers gouverneurs de la ville, un certain ...Boris Eltsine ayant rasé pas mal d'anciennes habitations.

Finalement, le seul endroit intéressant reste le site commémorant la mort de la Famille Impériale Russe non loin d'ici. La massive église du Sang qui a été construite est assez jolie.

Le site exact où ils ont été tués n'est pas très loin, je n'irai finalement pas.

Par contre, Iekatarinburg est non seulement la porte d'entrée de la Sibérie, à 300 km à l'Est d'ici (je ne suis donc plus dans cette région) mais en outre, elle est aussi la porte d'entrée de l'Europe, à une cinquantaine de kilomètres à l'Ouest de la ville. J'aurais aimé aller jusque là mais c'était, financièrement parlant, assez difficile...

 

 

 

La Suite ...et la fin !

 

La fin de ce voyage approche tout doucement, et j'en suis très heureux, ne fut-ce que pour mon genou...

Voici donc la suite, et la fin, de mon voyage :

 

  • Vendredi 29 juillet : train Iekatarinburg - Vladimir, dans l'Anneau d'Or, à 300 km de Moscou.

  • Samedi 30 juillet : arrivée à Vladimir après 24 heures de train « seulement ».

  • Lundi 1er août : bus Vladimir - Suzdal, cette dernière n'étant pas située sur une ligne de chemin de fer.

  • Mercredi 3 août : retour sur Vladimir pour me rendre à Moscou. Je veux le faire en train !

  • Vendredi 05 août : Vol Moscou - Riga - Varsovie. J'ai 6 heures de transit à Riga, j'espère pouvoir visiter la ville. A Varsovie, je retrouve mes amis polonais et l'on visitera le nouveau musée Chopin !

  • Lundi 08 août : Vols BT462 Varsovie (13h05) - Riga (15h45) & BT603 Riga (17h15) - Bxl (18h40) !

 

 

lien permanent

Ambiances Pékinoises  posté le mardi 05 juillet 2011 11:29

 

Ambiances Pékinoises...

 

 

J'arrive donc à Beijing ce dimanche 12 juin 2011.

Le but de cette étape est clairement d'y demander mes visas mongol et russe pour la suite de mon voyage.

Il faut en principe compter une semaine pour obtenir le visa mongol et deux semaines pour le visa russe, je sais donc que je vais passer 3 semaines ici. J'espère tout de même pouvoir sortir de Beijing si je peux garder mon passeport avec moi.

Je dois cependant régler un problème avant de demander mon visa russe.

Pour obtenir un visa russe, outre la présentation du passeport en règle et d'une photo d'identité, il faut également une invitation et une assurance médicale agréée par la Russie. Sur chacun de ces documents, les dates exactes d'entrée et de sortie doivent être indiquées.

C'est le cas pour mon assurance d'Ethias. Par contre, les dates indiquées sur mon invitation fournie par une agence suisse ne correspondent pas à la réalité, et donc à l'assurance d'Ethias : il y a 3 jours d'écart à chaque fois (l'agence voit large!). Je n'y ai pas fait attention avant de repartir pour la 2ème partie de mon voyage, or les dates doivent absolument correspondre. Avant de demander mon visa russe, je dois donc m'arranger pour que ce soit le cas.

 

Avant d'arriver à Beijing, j'avais réservé un petit hôtel, sur base de ses commentaires positifs essentiellement. Je me rendrai très vite compte qu'il est situé dans un quartier que je connais pour y avoir logé lors de mes deux premiers voyages.

 

De l'aéroport, je prends donc une navette qui me dépose devant la gare ferroviaire principale de Beijing. De là, je comptais prendre un taxi pour me rendre à mon hôtel. C'est de suite la galère : le coin est tellement peu connu qu'une dizaine de taxis me refusent la course !

Fort heureusement, je suis proche d'une station de métro et c'est de cette manière que je me rend non seulement au plus près de mon hôtel mais également que je découvre ce moyen de transport bien agréable et pas cher (2 Yuans, 0,2€, le billet quelle que soit la destination).

J'arrive donc à la station Hepingmen où un rikshaw à moteur électrique (et oui!) me conduit à mon hôtel.

 

Mon hôtel se situe dans un hutong (prononcer « Routhong » au Sud - Ouest de la Place Tian'Anmen.

Un hutong (« ruelle étroite ») est un dédale de petites ruelles où l'on découvre des charmantes maisons basses et demeures traditionnelles à cour carrée.

Presque tous les hutongs sont orientés d'Est en Ouest afin de respecter les préceptes du feng shui (vent / eau). Ainsi, l'entrée principale s'ouvre face au Sud, ce qui garantit un bon ensoleillement et protège des forces négatives du Nord.

Les anciennes maisons à cour carrée, souvent habitées et bruissantes d'activité, sont un peu les immeubles de ce monde charmant. Du printemps à l'automne, les hommes se retrouvent devant les portes pour boire une bière, jouer aux échecs, fumer et plaisanter, tandis que les femmes tricotent et bavardent en surveillant du coin de l'œil les enfants qui jouent. Les oiseaux nichent dans les grands arbres qui ombragent les ruelles.

Des cours plus anciennes s'ouvrent derrière d'épaisses portes rouges, gardées par un paire de lions chinois ou des pierres tambours.

 

Malheureusement, les hutongs sont de plus en plus réduits pour faire place à des immeubles modernes, voire percés de nouvelles routes, coupant alors le hutong en deux.

 

 

A l'époque, j'avais logé au Far East International Youth Hostel, que je retrouve très rapidement puisqu'à 10 minutes à pied de mon hôtel.

J'avais adoré le hutong et je dois avouer que le charme opère toujours autant, même si lui aussi, il s'est fait quelque peu raboter afin d'y faire passer de nouvelles routes ou construire des bâtiments flambant neufs.

 

Lorsque le belge Jacques Rogge est devenu président du Comité International Olympique, juste avant les JO de Beijing, il a déclaré « qu'on allait voir ce qu'on allait voir avec les Chinois », faisant évidemment allusion au respect de la démocratie...

Et bien, on a vu ce qu'on a vu...

On plutôt, on a rien vu de ce que l'on devait voir...

Les Chinois ont dû lui faire un beau bras d'honneur et lui a tout simplement baissé bien bas son froc.

En clair, la démocratie n'a jamais aussi peu été respectée qu'à cette époque et en même temps, des hutongs entiers disparaissant également sous les buldozers pour faire place à des constructions modernes.

Situé au Sud - Ouest de Qian Men, la « Porte de Devant » qui mène à la Place Tian'Anmen, il était évident que « mon » hutong était en première ligne.

 

Mais il a eu de la chance...

Il a été raboté au Nord et à l'Ouest pour élargir les avenues Pékinoises. Il y a 5 ans, les travaux étaient en cours. Le centre du hutong a été percé par une route partant des environs de Quian Men vers le Sud, afin de libérer le « Boulevard de l'Empereur », dans l'axe de Qian Men (non non on n'est pas à Bruxelles et je n'ai pas vu de petit bonhomme au noeud pap' rouge !) du trafic automobile. Le boulevard est désormais piétonnier et ressemble très fort à la rue principale de Disneyland avec toutes ses boutiques de luxe, chinoises comme Occidentales. Un tram touristique y passe...

Enfin, une partie du Hutong a été rasé (je l'ai vu il y a 5 ans, on voyait même Qian Men depuis l'une des ruelles. J'ai encore les photos) pour faire place à des bâtiments modernes.

La rue principale du hutong est désormais divisée en 3 : une première partie très commerciale où les Chinois sont nombreux et les bâtiments flambant neufs. Une deuxième partie où les bâtiments neufs et anciens alternent et où il y a déjà beaucoup moins de monde. C'est là que se situe le Far East Hotel, et la Far East International Youth Hostel juste en face. Et une troisième partie enfin, calme, où se retrouvent les habitants. Mon hôtel, lui, se trouve à l'arrière de cette 3ème partie, donc dans un coin non touristique, très calme mais animé le soir par la population locale. On y retrouve une dizaine de petits restaurants, dont un sishuanais et un musulman, quelques échoppes, une blanchisserie, un coiffeur.

Bref, j'adore mon petit coin.

Mon hôtel ne proposant pas de petits déjeuner, c'est au Far East Hotel que j'irai les prendre régulièrement. Hé, il y a du Nutella !!!

 

Bon, je vais tout de même tempérer mes propos : si je suis déçu de ce qu'est devenu un partie de « mon » hutong, je dois avouer que le plan d'ensemble est parfaitement logique. Je crois même que j'en aurais fait autant si on me l'avait demandé.

Bref, passons...

 

Voici donc les tribulations d'un petit belge dans un hutong pékinois...

 

 

Lundi 13 juin 2011

Direction l'Ambassade de Russie pour y obtenir des renseignements et espérer pouvoir tout de même y demander mon visa même avec des dates différentes.

 

Je découvre donc les joies du métro pékinois, très facile d'utilisation, et pas cher.

La sécurité y est importante : les sacs doivent passer sous des détecteurs à métaux. Et il y a évidemment des caméras partout.

Je m'en sors assez bien même si j'ai parfois un peu de mal à trouver la bonne sortie : chaque bouche de métro dispose en général de 4 sorties, A - B - C ou D, elles mêmes divisées en 2 (A1, A2, ...). Les sorties débouchent en général de part et d'autre d'une grande avenue qu'on ne peut pas franchir en surface. Si l'on se trompe, on doit rentrer dans le métro, et prendre une autre sortie...

 

L'ambassade est une énorme forteresse gardée de tous les côtés. Je mets pas mal de temps à trouver l'entrée et lorsque je la trouve, elle est fermée : c'est le lundi de Pentecôte ! Welcome back dans le monde chrétien !

 

Dès lors, direction l'Ambassade Mongole, toujours en métro.

Elle aussi, tout comme les ambassades voisines, est férocement gardée....

J'y arrive un peu tard mais je parviens encore à y demander mon visa. Pour un raison encore et toujours inconnue, je l'aurai même en express alors que je ne l'ai pas souhaité. C'est évidemment plus cher.

 

De retour à mon hôtel, j'envoie un mail à Ethias pour leur demander un nouveau document d'assurances avec les dates indiquées par l'invitation de l'agence suisse. En fait, j'ai deux solutions : soit, je demande un nouveau document d'assurance, soit je demande une nouvelle invitation. Je choisis la première solution.

J'ai rapidement une réponse : mon document va m'être envoyé rapidement par la poste à mon hôtel.

 

Mardi 14 juin 2011

Je récupère mon passeport avec le visa mongol. Et de un... Reste le visa russe, le plus compliqué.

Énorme orage en soirée. Avec la chaleur qu'il fait, ce n'est pas étonnant.

 

Mercredi 15 juin 2011

Direction la Place Tian 'Anmen.

Pour ce faire, je passe par Qianmen, la Porte du Devant, qui comprend en fait deux tours : la porte Zhengyang, haute de 40 mètres, qui séparait l'ancienne cité intérieure de la cité ...extérieure, et la porte de la Flèche. Il est possible de passer sous la première, pas sous la deuxième.

 

On doit alors prendre les souterrains qui mènent à la place.

Les mesures de sécurité y sont draconiennes : on ne peut y rentrer que par certaines entrées où l'on passe par un détecteur à métaux. La présence policière sur la place est également importante. Il y a des caméras partout.

La station de métro de la Place Tian 'Anmen est une exception : il n'y a que 3 sorties, dont une seule débouche sur la Place proprement dite, sécurité oblige...

 

La première chose que l'on voit est le Mausolée de Mao, énorme.

 

Enfin, toujours en avançant vers le Nord, on tombe sur un obélisque de 38 mètres, le Monument aux héros du peuple...

On arrive alors au cœur de la Place, la plus grande au monde...

C'est ici qu'eurent lieu les « évènements » de 1989.

 

En face, tout au bout, on découvre la célèbre Porte de la Paix Céleste (« Tian 'Anmen ») avec la photo géante de Mao...

Derrière s'étend la Cité Interdite.

Malgré toutes ces mesures de sécurité, la magie opère encore, heureusement !

Dans l'après-midi, je découvre quelques raccourcis dans mon hutong, tout en me rendant compte que l'on peut s'y perdre, avec bonheur néanmoins, très facilement.

Je comprend très vite qu'il ne doit pas y avoir beaucoup de point d'eau dans une maison chinoise : tout se fait dans la rue et les WC publics, toujours bien présents, ne sont pas là pour garnir (sinon ça ne sentirait pas autant quand on passe devant !).

 

Jeudi 16 juin 2011

Ah tiens, je reprends le boulot dans 2 mois, comme le temps passe trop vite !

 

Je décide de commencer la visite de Beijing, par des coins plus insolites, et ça commence fort...

  • Temple Bouddhiste Fayuan : en complète destruction pour faire face à des buildings flambant neuf...

  • La Mosquée de la rue du Bœuf, quant à elle, n'existe déjà plus. Des buildings flambant neufs l'ont remplacée...

  • Entre le Temple et la Mosquée, je passe devant une boulangerie qui diffuse « Hélène, je m'appelle Hélène ». Grosse surprise évidemment ! De retour à l'hôtel, je ferai une petite recherche : la chanson date de ...1993 (et oui, ça ne nous rajeunit pas!) et si elle a effectivement été chantée par Hélène (qui jouait par ailleurs dans le « cultissime » Hélène et les Garçons) , on a par contre oublié son nom de famille. Il s'agit d'Hélène Rolles.

    Surprise, le site indique que cette chanson est emblématique de la chanson française en Chine et qu'elle a été reprise en mandarin par la chanteuse singapourienne Joi Chua.

    J'en ai trouvé 3 versions ! Cliquez sur :

    http://www.chine-informations.com/video/je-m-appelle-helene-en-chinois-joi-chua_983.html.html

    http://v.youku.com/v_show/id_XMjAzODk0NjA0.html

    http://v.youku.com/v_show/id_XMTk5NzUwMzg4.html

    Personnellement, je préfère la première version, mais la deuxième permet de constater que les paroles ont évidemment été changées, et que ça reste encore et toujours très fleur bleue.

    A noter que You Ku et l'équivalent de You Tube, par ailleurs interdit en Chine.

    On y trouve même la version française : http://v.youku.com/v_show/id_XMTEyMTAwMjQw.html

    Et le site de la chanteuse, très mignonne par ailleurs : http://www.joichua.com/

    A noter que les Musclés en ont fait en son temps un parodie avec « Tu m'rappelles Germaine ».

    Bon, poursuivons...

  • Le Palais de l'Assemblée du Peuple... J'avais envie de visiter le « Parlement » Chinois. Et bien il est en travaux et donc fermé...

 

Je rentre à mon hôtel où je n'ai toujours pas reçu le courrier d'Ethias.

A noter que les dernières ficelles de mon bracelet hindou fait à Janakpur, au Népal, les 3 novembre dernier, ont cassé. Il aura tout de même tenu 7 mois !

 

Le soir, je découvre un excellent petit resto musulman à deux pas de mon hôtel, qui propose de délicieuses brochettes.

 

 

Vendredi 17 juin 2011

Je commence très fort la journée en me perdant dans les adorables rues du Hutong.

Les pékinois s'y promènent, parfois encore en pyjama, c'est une ambiance vraiment bonne enfant. Certains vont au travail, d'autres discutent sur le pas de leur porte : charmant !

 

Ce matin, visite du Temple des Lamas, tibétain d'architecture chinoise. Visite en français avec un audioguide. Plus vraiment de moines tibétains, mais l'audioguide parle du 14ème Dalai Lama alors qu'il est interdit de citer au Tibet...

 

Dans un autre style, découverte de « Bird's Nest » ou le « Nid d'Oiseau », le magnifique Stade Olympique, l'après-midi. J'adore son architecture !

 

Toujours pas de courrier d'Ethias aujourd'hui.

Mais je reçois mes vouchers pour le Transmongolien, qui ne me serviront pas à grand chose si je ne parviens pas à obtenir mon visa russe.

 

Samedi 18 juin 2011

Je suis comme sœur Anne, je ne vois toujours rien venir du côté d'Ethias.

Je passe donc au « Plan B » : je demande à l'agence Suisse de m'envoyer une nouvelle invitation avec les nouvelles dates...

 

Dimanche 19 juin 2011

N'ayant pas de nouvelles de l'agence Suisse, je passe à un « Plan C », en découvrant sur Internet l'agence « Russie Autrement » qui peut procurer des invitations rapidement. Je leur en demande une.

 

Lundi 20 juin 2011

Visite de la Cité Interdite. Je l'avais déjà vue il y a 7 ans mais je ne peux évidemment pas m'empêcher d'y retourner.

Visite en français avec un audioguide, toujours avec autant de bonheur !

Il y a plusieurs petits musées intéressants au sein de la Cité Interdite et je découvre celui consacré aux horloges. Ce n'est pas mon truc en général mais là j'avoue qu'il y a de véritables petits bijoux...

 

Après-midi, je découvre le Parc Beihai, au Nord de la Cité Interdite, et dont le stupa tibétain blanc surplombe superbement la Cité Interdite. Malheureusement, il fait très brumeux (c'est souvent le cas à Beijing à cause de la pollution) et l'on ne voit pas bien les environs.

 

Aucun retour de mes 3 « Plans », ce qui commence à m'inquiéter un peu car je pars le 6 juillet et il me faut 2 semaines pour obtenir mon visa russe. Ça va être juste, très juste, à moins que je ne demande un visa express.

 

Mardi 21 juin 2011

Les choses bougent un peu de la part de l'agence Suisse. J'ai une réponse du moins ...mais pas encore de nouvelle invitation.

 

Découverte du Musée des Sciences et des Technologies aujourd'hui...

Je m'y rends en métro puis en bus pour apprendre qu'il a déménagé... Je prends donc un taxi et je me retrouve près du Stade Olympique...

Énorme et superbe musée très intéressant, visiblement construit pour les JO puisque certaines indications sont en anglais et en français.

C'est le genre de musée que ma belle-sœur et mon filleul apprécieraient.

Je me fais un petit plaisir en allant voir un film 3D sur les lions en Tanzanie : bonjour le décalage !

 

Le soir, je vais voir un show acrobatique dont les Chinois sont passés maîtres, dans un petit théâtre pas loin de mon hutong. Du grand art !

 

Les choses bougent aussi du côté de Russie Autrement : j'ai enfin mon invitation, que j'imprime à l'accueil de l'hôtel (ils sont adorables!).

 

Mercredi 22 juin 2011

Dès lors, direction l'Ambassade Russe, pour la 2ème fois.

Mauvaise surprise, je ne peux pas demander de visa Express, et je n'aurai mon visa que le 6 juillet.

Pensant partir le 5, je me trouve en grande difficulté mais je me dis que je peux retarder mon train pour la Mongolie d'un jour ou deux.

 

De retour à l'hôtel, je me rends compte qu'en fait je pars le 6 mais à 07h45. Or l'ambassade n'ouvre qu'à 09h00 et je me rends en outre compte qu'il n'y a qu'un seul train international par semaine entre Beijing et Oulan Bator...

J'envoie donc un mail à l'ambassade pour savoir si je peux récupérer mon visa plus tôt. Gros stress !

 

Jeudi 23 juin 2011

Pas de réponse de l'Ambassade...

 

Par contre, je vais chercher mon billet Beijing - Oulan Bator chez Monsieur Wang, le contact d'Espace Est-Ouest (l'agence Suisse), qui me reçoit ...en caleçon. C'est très chinois ça !

Il ne peut malheureusement pas m'aider en ce qui concerne mon problème : mon billet est émis et ne peut pas être remboursé (240€ tout de même!).

Retour sous un énorme orage. A 16h, il fait déjà complètement noir !

 

Envoi d'un mai à Espace Est - Ouest qui me répondent eux aussi qu'ils ne peuvent pas m'aider, en ajoutant que j'aurais dû m'y prendre plus tôt. S'ils m'avaient envoyé l'invitation avec les bonnes dates, je n'aurais jamais eu de problème ceci dit, mais j'aurais pu, dû, m'en rendre compte plus tôt aussi.

 

Vendredi 24 juin 2011

Toujours pas de réponse du consulat russe, j'y fonce donc, pour la 3ème fois...

J'explique ma situation calmement et j'obtiens le droit de récupérer mon passeport la veille de mon départ !!! Ouf de ouf, je suis vraiment très soulagé.

 

Dans l'après-midi, nouvelle découverte du hutongs, où je me perds encore avec délice.

 

Samedi 25 juin 2011

Après plusieurs jours nuageux, le soleil fait son grand retour sur Beijing. Je décide donc d'aller prendre de plus belles photos que celles que j'ai déjà prises.

  • Place Tien 'Anmen, superbe sous le soleil.

  • Entrée de la Cité Interdite : pas mal de monde forcément, on est samedi et il fait beau.

  • Le Stupa Blanc tibétain : magnifique sous le soleil. A ses pieds, je redécouvre, comme lors de ma première visite, une démonstration de danse que je pense être Ouïghoure, ou Russe. Ce n'est pas chinois en tout cas.

    La vue sur la Cité Interdite, et sur tout Pékin, par beau temps, change complètement : c'est magnifique. Au loin, je peux même voir ce drôle de « Cube » qui est le nouveau siège de CCTV, la télévision nationale.

     

  • Le Parc Jingshan, dont la colline a été créée avec le creusement des douves de la Cité Interdite. L'ambiance y est vraiment très agréable et bonne enfant. Les Chinois s'y promènent, jouent au carte ou de la musique, discutent ou se reposent tout simplement. Pour ses parcs, Beijing est vraiment une cité très agréable. Au sommet de la colline du parc se trouve un petit temple bouddhiste d'où on a une vue directes sur la Cité Interdite. Extraordinaire !

  • L'Église Saint-Joseph : d'un style occidental complètement indéterminé, entre deux hauts buildings, elle est le rendez-vous des jeunes mariés venus s'y faire photographier. L'intérieur est vraiment quelconque.

  • Wungfujing Daje : la rue Neuve locale... C'est là qu'on voit que Beijing est une mégalopole occidentalisée et surtout assez riche ! De nouveau, ambiance décontractée et relaxe malgré les petits escrocs qui veulent aller boire un verre avec vous, et vous faire payer la tasse de thé chère et vilain, ou les prétendus artistes qui reviennent tous de Paris la semaine passée et veulent vous vendre quelque chose... Bon...

    Je découvre le Foreign Language Bookstore, où l'on trouve effectivement des bouquins en français, mais uniquement sur la Chine.

  • Pour terminer ma journée, je me fais un délicieux massage chinois. Ce n'est pas le premier, ni le dernier, mais celui-là était vraiment excellent.

 

Dimanche 26 juin 2011

Je reçois enfin le courrier d'Ethias, merci la Poste !

A noter que la poste chinoise fonctionne le dimanche, elle...

Le soir, GP F1 de Valence soporifique sur CCTV5.

 

Lundi 27 juin 2011

Je décide de sortir un peu de Pékin en faisant une excursion à Tianjin, la ville voisine.

J'y arrive après 2h30 de train et j'en constate très vite le manque d'intérêt. En outre, comme dans pas mal de coins de Chinois, son centre a été Disneylandisé : les Chinois adorent ça...

 

Je voulais voir le Monastère de la Profonde Compassion mais il est fermé, pas de chance...

 

Je décide donc de rentrer sur Pékin, un peu déçu, avec ce que le Lonely Planet appelle « le train le plus rapide du monde »... En fait, je me rendrai compte qu'il s'agit « simplement » du nouveau TGV chinois qui se généralise progressivement en Chine.

Si j'ai bien compris les infos sur CCTV, la ligne Beijing - Shanghai vient d'ailleurs d'être inaugurée, mettant les 2 villes à 4 heures l'une de l'autre, au lieu de 12.

 

Je ferai la queue pendant 1/4 d'heure devant une machine à distribuer les billets avant de me rendre compte qu'il faut scanner une carte d'identité que je n'ai évidemment pas pour avoir le billet.

Je fais alors la queue pendant 1/2 heure au guichet. Là, c'est mon passeport qui est demandé, que je n'ai évidemment pas puisqu'il est est à l'ambassade russe. Fort heureusement, mon permis de conduire est accepté.

 

Le TGV chinois met 30 minutes pour revenir sur Pékin, avec une vitesse moyenne de 320 km/h et une pointe à 335 km/h. Il y a quelques mois, j'avais été à 333 km/h sur la ligne Nankin - Shanghai. Réellement impressionnant !

 

 

Mardi 28 juin 2011

Je découvre les Tours du Tambour et de la Cloche, au Nord de la Cité Interdite.

Je ne me souviens pas les avoir vues lors de mes précédentes visites. Elles sont superbes. La vue sur Pékin doit être superbe par temps clair.

Chouette démonstration de tambours.

 

Je découvre ensuite le hutong local, lui aussi très sympa et quelque peu raboté, puis je prends le métro en direction du Zoo de Beijing.

Là, je vais être clair, c'est une grosse déception. Les animaux sont parqués de manière malheureuse. Non, je dirais honteuse pour une capitale comme Beijing. Les cages sont dans un état lamentable, tout comme les animaux d'ailleurs.

Les pandas géants n'échappent pas à la règle. Certains d'entre eux viennent du Centre d'Étude et d'Élevage de Chengdu et doivent bien regretter leur transfert...

Just for fun, j'y achète un petit panda en peluche...

 

Je rentre bien fatigué à l'hôtel en décidant de me programmer une journée cool le lendemain.

 

Pas de chance, un mail vient tout chambouler.

Il provient de l'Ambassade de Russie, me signalant que la société ayant fourni l'invitation n'est pas agréée par la Russie et que je dois dès lors les contacter « ASAP »... Le feuilleton n'est pas terminé et ça commence vraiment à me fatiguer !

 

Je vais donc sur le site de « Russie Autrement » et je tombe sur l'avis suivant :

IMPORTANT message du 24 Juin 2011 : Suite à une restructuration de l'entreprise, Russie Autrement a changé de nom et de numéro de référence de tour opérateur. Pour les demandes de visas à partir du 21 juin 2011, le nom de l'entreprise est désormais "R.I.C.E. Company", et le numéro de référence: 006941
La licence de "RONACO Travel" nous ayant été retiré prématurément lors du changement, toutes les demandes de visa déposées auprès des consulats après le 21.06.11 doivent comprendre la nouvelle invitation de "R.I.C.E. Company" et non pas de "Ronaco Travel". Si votre invitation n'a pas le bon nom de tour opérateur, veuillez nous en faire part le plus rapidement possible et nous vous emettrons une nouvelle invitation gratuitement.
L'équipe de Russie Autrement vous prie d'accepter toute ses excuses pour ce dérangement.

 

Le changement a eu lieu le 21 juin, ils préviennent le 24 et moi j'ai demandé mon visa le ...22 juin !

Je suis donc bon pour demander une nouvelle invitation, qui arrivera heureusement dans les deux heures, et à retourner, une 4ème fois, à l'ambassade...

 

Mercredi 29 juin 2011

Me revoici à l'Ambassade Russe...

Au passage, encore une fois, je me suis trompé de sortie à la station de métro (Sortie « B » Séba, pas « C »!).

 

L'employée (russe) qui a traité mon dossier est au courant de la situation et me demande de remplir une nouvelle demande de visa, tout en signalant qu'elle ne sait pas où se trouve mon passeport actuellement.

Pour moi le sous-entendu est clair : la nouvelle demande ne fonctionnera pas et si elle fonctionne, il faudra à nouveau patienter 2 semaines pour obtenir mon visa. En clair, mon séjour en Mongolie, où je ne reste que 10 jours, se réduirait à 2 jours...

Heureusement, avec l'aide de l'un de ses collègues, elle retrouve mon passeport et échange simplement les deux invitations.

En outre, elle me signale que ce sera « Free of charge », encore heureux !

 

Mais surtout, et là, j'ai failli faire un énorme bon, que la procédure suit son cours et que je pourrai récupérer mon passeport le 5 pour partir le 6, OUF, OUF, OUF !

J'espère maintenant ne plus avoir de mauvaises surprises d'ici là !

 

Aujourd'hui, l'air est extrêmement pollué, je décide donc de rester bien gentiment à mon hôtel et de compléter mon blog, il est temps !

Je me fais tout de même une pause pizza pour déjeuner, qui mettra pas mal de temps à arriver. Le temps de la seconde mi-temps du match féminin USA - Corée du Nord sur CCTV5 en fait (3 - 0)... Heureusement, elle était délicieuse.

 

Jeudi 30 juin 2011

Nouvelle journée de repos qui fait du bien, je récupère mon retard dans mon blog.

 

Vendredi 1er juillet 2011

Pour pas mal de monde, dont les Chinois, ce sont les vacances. Il y a de plus en plus de touristes à Beijing...

Pas de chance pour eux, et pour moi, ça débute par un énorme orage en matinée. J'attends qu'il finisse puis je vais visiter un ancian observatoire Ming, complètement perdu entre deux autoroutes urbaines et des immeubles en béton... Intéressant tout de même.

 

Après-midi, je veux aller visiter la « ville souterraine de Beijing », construite sous Mao lors de la guerre froide. Pas de chance, c'est fermé depuis 3 ans. Le Hutong, ou ce qu'il en reste puisque nous sommes au Sud - Est de Quianmen est lui aussi très sympa mais n'a pas eu la même chance que « mon » Hutong : il n'en reste plus grand chose et les nouveaux bâtiments modernes sont tout simplement horribles.

 

En rentrant à l'hôtel, je me fais un massage traditionnel chinois qui restera comme l'un des meilleurs de mon voyage, et l'un des plus spéciaux aussi puisque la copie conforme chinoise de Justine Henin me colle une vingtaine de ventouses sur le dos.

 

Le soir, je vais à l'opéra !

L'opéra de Pékin est réputé, je ne l'ai jamais vu, j'y vais donc. Le petit théâtre se trouve bien caché près de mon hutong. C'est surprenant ce qu'il y a derrière un mur parfois !

L'opéra de Pékin est quelque chose de très ...spécial ! De la musique stridente accompagne une voix qui l'est tout autant, mais je dois avouer que la performance générale est exceptionnelle, tout comme les somptueux costuments d'ailleurs. Je n'ai pas trop aimé mais je suis content de l'expérience.

 

Samedi 02 juillet 2011

Aujourd'hui, je vais visiter le Quartier des Légations.

Pour cela, il faut passer par la Place Tian 'Anmen, noire de bonde.

Un escalier part de la palce vers ce quartier. En 10 secondes, c'est soudainement un autre monde : il n'y a plus personne et il fait très calme.

Le Quartier des Légations est l'endroit où se trouvaient la plupart des ambassades étrangères au début du 19ème siècle. Chaque pays y disposait de sa poste, de son école, et d'autres bâtiments encore. La plupart ont été détruits mais il reste le bâtiment des légations hollandaises, françaises (avec son ancienne poste transformée en restaurant), japonaise et ...belge.

Au passage, je visite le Musée de la Police, un peu trop ...carricatural.

 

Depuis quelques jours, les drapeaux chinois fleurissent partout : le pays fête en effet le 90ème anniversaire de la création du Parti Communiste.

Dans mon Hutong, la palme du plus grand drapeau revient au plus petit magasin, ...tibétain.

 

Dimanche 03 juillet 2011

Ca fait trois semaines que je suis à Beijing ! Je ne suis jamais resté quelque part aussi longtemps en voyage.

 

Après quelques jours de grisailles et un temps franchement très pollué hie, le beau temps et le soleil reviennnent.

Je décide donc d'aller visiter le Temple du Ciel, devenu le symbole de Beijing, que j'avais déjà vu il y a 7 ans.

Ambiance toujours aussi sympa dans le parc voisin où certains chinois dansent.

Le Temple, quant à lui, est superbe. Je ne me rappelais pas qu'il l'était autant, et surtout qu'il y avait d'autres choses tout autour, comme ce mur des murmures, que l'on entend semble-t-il quand il n'y a pas trop de monde...

 

Je découvre pas loin « de chez moi » une Thea House vraiment sympa. La plupart sont là pour vous faire payer un max le thé qu'on vous fait goûter.

Ici, la jeune femme préfère discuter avec vous, dans un très bon anglais d'ailleurs. Je bois pas mal de thé, du très bon, et j'achète du Oulong, l'un des tout meilleurs en Chine.

 

Lundi 4 juillet 2011

Aujourd'hui, je ragarde la date à plusieurs reprises : on est bien le 4, je récupère bien mon visa demain et je pars donc après-demain. Ne pas se tromper, ce serait dommage.

 

Il fait trop chaud aujourd'hui, je ne fais pas grand chose...

 

Hier, c'était les élections législatives en Thaïlande et c'est la Parti Pro-Thaksin (l'ancien 1er ministre destitué par un coup d'état) qui remporte haut la main le scrutin avec 363 sièges sur 500. A la tête du parti, la soeur de Thaksin, encore inconnue il y a 2 mois.

A noter, qu'à Bangkok, le Parti du Premier Ministre sortant récolte 2/3 des voix : il y a vraiment une division entre la capitale et le reste du pays.

 

En soirée, je me rends dans mon petit resto musulman près duquel 3 adolescentes jouent à l'élastique en mode « adulte » : elles sont allées jusqu'à mettre l'élastique à 1,50m environ... Pour parvenir à ses fins, toutes les accrobaties sont les bienvenues !

 

Mardi 05 juillet 2011

C'est aujourd'hui que je viens récupérer mon visa russe !

Je débarque donc à l'Ambassade pour la 5ème fois, et sans me tromper de sortie de métro (« Sortie B ! »)...

Juste pour le dernier suspens, l'employée me demande s'il est normal que mon vaucher ne porte pas le même numéro que le sien. Mais je l'ai !

 

Retour vers mon hôtel en me faisant un dernier non massage avec ma Justine Henin Chinoise, réservation du taxi pour la gare demain (je n'ai pas tellement envie de me retrouver dans le métro bondé) et ...rangement de mon sac, ça faisait longtemps !

 

 

Demain, débute la toute dernière partie de mon voyage : je rentre chez moi par le train jusque Moscou .

Cap à l'Ouest toute !

Retour en Belgique le 8 août prochain.

 

lien permanent

L'ombre de la Route de la Soie, 2ème partie  posté le mardi 05 juillet 2011 11:24

 

L'ombre de la Route de la Soie...

2ème partie : de Dunhuang à Hotan

 

 

Dimanche 22 mai 2011, direction Turfan, dans le Xinjiang...

On aura traversé le Gansu presque de bout en bout papa et moi.

 

Turfan, ou Turpan, est tout d'abord une oasis sur la Route de la Soie Septentrionale. C'est aussi le 3ème point le plus bas au monde (154 mètres en dessous du niveau de la mer) et le plus chaud de Chine.

Turpan, dans l'imaginaire de la Route de la Soie, est une oasis mythique ...mais bien décevante : l'architecture chinoise a pris le pas sur la ville.

 

Le Xinjiang, je le sais, est une province très différente des autres : elle est en effet composée de Ouïgours, musulmans et ...turcophones !

Et de fait, en arrivant à Turfan, je découvre un autre monde !

Une majorité de la population possède en effet davantage de liens culturels et ethniques avec l'Asie Centrale qu'avec la Chine des Hans.

Ici, on découvre des gens aux traits qui font penser aux Turcs : peau plus foncée, yeux plus ronds, cheveux bruns, voire parfois blonds ou roux. Je n'aurais donc pas été surpris de croiser ma collègue Emine par ici !

 

C'est une autre cuisine également : les Ouïgours proposent de délicieuses brochettes (les ...kebabs!), des chaussons au mouton à tomber par terre, et surtout, surtout, des pains absolument délicieux, qui sont la base de leur alimentation. Je me suis régalé dans le Xinjiang !

Fini également la musique chinoise, place à la musique moyenne-orientale : j'apprécie beaucoup !

Quant à la mode vestimentaire, elle diffère également : les hommes portent en général le veston et une sorte de calotte. Quant aux femmes, certaines sont voilées et la plupart portent un pantalon avec une jupe par dessus.

Certains de ces vêtements sont très colorés, indiquant probablement la provenance ethnique.

 

Enfin, on vit en parallèle sur deux heures différentes ici : l'heure de Beijing (« Beijing Time ») s'applique dans tout le pays alors que l'on est 2 heures plus tôt que dans la capitale (« Xinjiang Time »). Quand il est 9 heures à Beijing, il est 7 heures au Xinjiang.

Les services publics, les banques, la poste, les gares routières et ferroviaires et certains hôtels tenus par des Chinois sont à « Beijing Time ». il faut donc toujours bien se faire préciser de quelle heure il s'agit !

 

Un exemple concret : à Kashgar, le petit déjeuner était servi de 8h30 à 10h30 « Beijing Time », c'est-à-dire entre 06h30 et 08h30 « Xinjiang Time ».

Pour le déjeuner, là il fallait jongler avec les 2 fuseaux. Si l'on voulait croiser des Chinois, on mangeait entre 12 & 14 heures « Beijing Time » (soit entre 10 & 12h « Xinjiang Time »), par contre si on voulait croiser des Ouïghours, il fallait y aller entre 14 et 16h « Beijing Time », soit entre 12 et 14h « Xinjiang Time »...

C'est parfois un peu perturbant, mais on s'y fait...

 

 

Un autre monde quoiqu'il en soit !

Même Red Bull se transforme en Red ...Camel !

Si ça ne vient pas d'eux, la canette est tout de même très bien imitée !

 

Enfin, ici les gens s'appellent Abdul, Aziz, Mohamed ou Mustafa, l'écriture est en arabe et la conduite automobile est nettement plus « sportive » que dans le reste de la Chine...

 

Turpan, je l'ai dit, est une petite ville décevante...

Par contre, ses environs sont vraiment très intéressants.

Je suis d'abord surpris par le nombre de vignes, non pas pour faire du vin (heureusement : le seul vin que l'on ait gouté avec les parents, le « Vin de la Grande Muraille » (tout un programme!), est une affreuse piquette) mais pour en faire des raisins secs, l'une des spécialités locales.

 

Ma première visite est pour le musée des Karez.

Le karez est une forme d'irrigation propre à l'Asie Centrale que l'on rencontre au Xinjiang, en Afghanistan et en Iran. Comme beaucoup d'autres région arides, le Xinjiang possède dans ses sous-sols d'immenses nappes phréatiques. Creuser ou forer jusqu'à ces nappes avec des outils rudimentaires se révèle virtuellement impossible.

Il y a bien longtemps, les Ouïghours ont conçu un procédé efficace. En altitude, ils creusent des karez (« puits ») qui collectent l'eau provenant de la fonte des neiges. Un long canal souterrain distribue ensuite l'eau aux fermes du village. Une série de puits verticaux, telles des termitières géantes, est creusée tous les 20 mètres le long du canal pour en faciliter la construction et l'accès. Les puits sont alimentés grâce à la pesanteur et le tracé souterrain des canaux réduit l'évaporation.

La ville de Turpan doit son existence à ces puits et canaux, dont certains ont été construits il y a plus de 2000 ans. On compte plus d'un millier de puits et quelque 5000 km de canaux, tous réalisés à la main sans outils sophistiqués.

 

Les ruines de Jiaohé sont vraiment très surprenantes

Cet endroit fut bâti par les Chinois pendant la dynastie Han comme ville de garnison. l'une des cités antiques les plus vastes (elle compta 6500 habitants), les plus anciennes et les plus préservées au monde.

Nous sommes presque en plein désert et il y fait très très chaud !

 

Le Minaret Emin, de style afghan, a été construit en 1777. il compte 15 motifs simple en brique, dont des fleurs et des vagues.

J'y croise 4 Liégeois !

 

Les grottes de Bezeklik sont quelque peu décevantes...

Je m'y fait quelque peu arnaquer dans une promenade en chameau (je devais quand même en faire une), où il faut payer si l'on veut rentrer au point de départ... Quelqu'un a déjà dirigé ce genre d'animal ?

Les grottes, quant à elles, contenaient probablement de superbes peintures bouddhiques mais qui ont été détachées par des archéologues allemands en 1905...

 

Le village de Tuyoq est construit en brique crue et donne un excellent aperçu du mode de vie et de l'architecture ouïghours traditionnels. C'est aussi un lieu de pèlerinage musulman et les fidèles affirment que 7 voyages à Tuyoq équivalent à un pèlerinage à La Mecque.

On peut y découvrir des grottes bouddhiques du IIIème siècle, malheureusement fermées lors de mon passage.

J'y achète de délicieuses mûres.

 

 

Les Montagnes de feu enfin semblent s'embraser quant le soleil est au zénith (et il y fait alors très très chaud!). Elles ont été immortalisés dans Voyage en Occident, un classique de la littérature chinoise.

 

 

Jeudi 26 mai 2011, m'y voici à Kashgar justement, après 24 heures de train. Curieux ces trains : des « Duos » mais avec des couchettes.

Les paysages sont toujours aussi gris de gris et parfois désolants. Nous montons en altitude avant de redescendre dans la plaine désertique.

 

C'est là que je retrouve Colin Thubron...

« Kashgar se trouve là où s'évanouissent les cartes qu'on peut avoir dans sa tête. C'est le point de convergence des deux Routes de la Soie, celle du Nord et celle du Sud, l'endroit où le désert vient mourir contre les montagnes. Cette ville qui avait été bouddhique il y a quinze siècles, et peuplée d'habitants d'une férocité et d'une impétuosité proverbiales, s'était muée en champion de l'Islam. L'Europe n'avait pratiquement pas connu son existence avant le 19ème siècle. Et puis, avec la poussée de la Russie tsariste au Sud et à l'Est, Kashgar était devenue un poste avancé dans le Grand Jeu de l'espionnage impérial, qui se jouait entre les empires russes et britaniques, à côté d'une Chine appauvrie ».

(Colin Thubron, L'ombre de la Route de la Soie, Folio)

En réalité, Kashgar est la ville la plus méridionale de Chine. On est très proche du Kirghizistan, du Kazakhstan, du Pakistan et de l'Inde !

 

Je m'installe au Chini Bagh Hotel, occupant le terrain de l'ancien consulat britannique, dont il ne reste plus rien.

A priori, Kashgar est encore une grosse déception avec sa conception à la chinoise. Cependant, il y a de moins en moins de Chinois et de plus en plus de Ouïghours. Pour combien de temps, je ne sais pas car le train, arrivé en 1999, déverse encore son flot de migrants. Dès lors, peut-être devrais-je dire le contraire : il y a de plus en plus de Chinois et de moins en moins de Ouïghours à Kashgar.

Et le presque achèvement de la ligne TGV chinoise ne va pas arranger les choses.

J'entrai ensuite dans le dédale de la vieille ville et tout changea. Les ruelles convergeaient, elles creusaient des tunnels à l'aveuglette à travers la brique de boue séchée, leurs murs s'habillaient de plâtre blanchi à la chaux. Les pavés s'enfonçaient et se brisaient sous le pied. Les maisons se prolongeaient souvent au-dessus du passage et finissaient même par l'enjamber complètement sur des ponts de bois (...). Puis je débouchai sur des marchés de quincailliers, de potiers et de tourneurs sur bois, où régnait le plus grand charivari (...). L'Asie Centrale était soudain proche, palpable. »

(Colin Thubron, L'ombre de la Route de la Soie, Folio)

 

Les quartiers Ouïghours sont vraiment très agréables mais sont menacés par les bulldozers chinois. Une partie a déjà été rasée pour faire place à des bâtiments sans âme flambant neufs.

Cependant, il semble que cette frénésie de destructions, ce malheureux nivellement vers le bas dans une région qui a justement été si riche culturellement, s'arrête progressivement. L'intérêt des touristes, chinois principalement, pour cette architecture semble en être la cause et c'est tant mieux !

Ceci dit, tout se paie en Chine et une partie de ces vieux quartiers sont désormais à entrée payante ! No comment !

 

Je passerai pas mal de temps dans ces quartiers préservés, où les gens sont si accueillants et ouverts. J'ai de temps en temps la surprise de tomber sur des enfants blonds ou carrément roux ! Oui, vraiment, ce n'est plus la Chine ici mais la Turquie, voire la Syrie ou l'Asie Centrale...

Kashgar, c'est une ambiance délicieuse à vivre.

 

Quoiqu'il en soit, je me sens plus proche de ces gens-là que des colons chinois débarquant en maître des lieux. J'aime bien les Chinois, mais là je me sens mal à l'aise quant à leur comportement.

La situation est telle que certains Ouïghours refusent d'apprendre le chinois, c'est entre autre le cas pour les chauffeurs de taxi, ce qui ne me rend pas la tâche très facile.

En fait, il y a vraiment deux peuples complètement différents dans un même pays et refusant de se mêler l'un à l'autre...

 

La Mosquée Id Kah de Kashgar, la plus grande de Chine, est sympathique, bien que pas exceptionnelle. L'ambiance tout autour, par contre, est vraiment décontractée et bien sympathique.

Le dimanche à Kashgar se tient un énorme marché, c'est entre autre pour ça que je suis venu. Il est exceptionnel !

On y apprend vite le mot « Boish-boish ! », qui signifie « laissez passer ! » en ouigour. Mieux vaut alors s'écarter du chemin pour ne pas être bousculé par une carriole à âne, une moto ou un triporteur qui ne font pas dans le détail.

On y trouve de tout : vêtements, chapeaux, bottes, couteaux ouïghours, tapis, souvenirs, nourriture (vous avez déjà gouté au dromadaire ? Une tête d'un de ces animaux était posée devant le stand d'un boucher!), etc.

Et puis, surtout, ce qui frappe ici, ce sont les vêtements des femmes, toujours très colorés !

J'y ai passé pas mal de temps, j'ai vraiment adoré !

 

En emportant mon livre, je vais manger au John's Café, qui propose des plats occidentaux, ça fait du bien de temps à autre. Il est situé derrière l'Hôtel Seman, où se situait le Consulat Russe. C'est là que logeais Colin Thubron.

Alors que je suis assis bien confortablement, je lis ce passage :

« Derrière mon hôtel, le consulat russe disparu de longue date étalait ses pièces dans le style cottage, tels des chalets de bois qui se seraient transformés en stuc. A l'intérieur, les chambres tristes étaient restées bizarrement inchangées (...).

Marrant de lire la description d'un lieu où l'on se trouve justement !

 

 

Mercredi 1er juin 2011, direction Yarkand...

La veille de mon départ, j'avais pris un taxi pour la gare. Celui-ci ne m'a pas du tout déposé au bon endroit. J'ai donc pris un deuxième taxi, qui m'a effectivement mené à la gare. Mais ce n'était pas la bonne gare... L'employée m'écrit donc sur un petit papier l'endroit où aller, en chinois et en arabe.

Je prends donc un 3ème taxi... Surprise, ce n'est pas une gare mais un centre administratif ! Je ne saurai jamais si l'employé a voulu me faire une blague ou pas... Après m'être fait aider par de charmantes employées chinoises, je prends un 4ème taxi, qui me conduit au bon endroit.

Le Lonely Planet signale qu'il y a au moins 6 liaisons par jour, il n'y en a que 3 : j'ai vraiment bien fait de passer me renseigner moi...

 

En fait, je prend l'itinéraire Sud de la Route de la Soie...

La route passe à travers un désert de caillasse principalement et je peux imaginer le soulagement des caravanes en vue des nombreuses oasis de verdure...

 

Yarkand, ou Shatché, fait partie des villes dont le nom évoque la magie de la route de la Soie. Au bout d'une importante voie commerciale qui partait de Leh, en Inde britannique, et franchissait le Col du Karakoram, Yarkand fut pendant des siècles une étape caravanière majeure et un centre de marchands et d'usuriers indiens.

 

En 1949, lorsque Mao proclame la République Populaire de Chine, les frontières se ferment et certaines caravanes se retrouvent alors bloquées.

Ce fut le cas pour cette caravane au Ladakh. J'ai vu les descendants de ces chameaux dans la Vallée de la Nubra il y a quelques années...

 

Mais encore une fois, cette magie a disparu et la ville est franchement terne et tristounette...

A noter que le recevrai un « no no no » comme accueil dans l'hôtel où le taxi me dépose : en fait, il n'y a qu'un seul hôtel ouvert aux étrangers (et oui, ça existe encore!) et le chauffeur de taxi m'avais tout simplement déposé au mauvais endroit...

 

Il y a très peu de Chinois à Yarkand, mais là aussi plus pour très longtemps : l'autoroute est pratiquement terminée tout comme la logne du TGV chinois.

Les seuls intérêts de la ville sont la petite mosquée Altun, un mausolée et un vaste cimetière musulman. On en fait le tour en deux heures...

 

Le soir, sur CCTV5, la chaîne des sports, je regarde la demi-finale dames de Roland Garros : Li Na contre Sharapova. Et c'est la première qui gagne, 6-4, 7-5.

 

Vendredi 3 juin, direction Hotan.

Hotan, ou Khotan, est une autre ville-oasis à l'architecture toujours aussi décevante...

Par contre, la présence chinoise y est réduite au strict minimum (pour combien de temps encore?).

Le plus curieux, c'est que plus les vêtements des femmes Ouïghoures s'allongent (on en voit parfois en tchador), plus les vêtements des femmes chinoises rétrécissent... C'est vrai qu'il fait très chaud ici mais je penche plutôt pour de la provocation malheureuse.

 

La seule chose qui me pousse à aller aussi loin, c'est le marché du dimanche, qui est énorme, coloré à souhait, où, encore une fois, tout y est proposé.

L'accueil y est très chaleureux.

 

Le soir, j'assiste à la superbe victoire de Li Na à Roland Garros, la première Chinoise à arriver à un tel niveau. Très peu de réaction de la population locale, forcément...

 

 

La suite de mon voyage doit me mener à Urümqi, capitale du Xinjiang, afin d'y prendre un avion vers Beijing.

Pour ce faire, j'ai deux solutions : soit prendre la route trans-désert à travers le redoutable Taklamakan, soit le contourner et revenir sur Kashgar pour y prendre un train sur Urümqi.

Je dois avouer que je commence tout doucement à saturer des paysages désertiques et je choisis donc la 2ème solution.

 

Je reviens donc sur Kashgar, avec toujours autant de bonheur, avant de prendre mon train de nuit pour Urümqi où j'arrive ce jeudi 09 juin.

Urümqi est une grosse ville de plus de 2 millions d'habitants et est l'endroit le plus éloigné au monde d'un océan (2.250 km).

C'est une ville moderne et, de manière surprenante, très relaxe. La conduite automobile y est plus cool également.

Je suis enfin surpris de constater que Han et Ouïghours semblent se côtoyer !

 

Je fais la connaissance de Keita, un Japonais qui a décidé de sortir pour la première fois de son pays : vol Tokyo - Shanghai puis train Shanghai - Urümqi (44 heures!), y passer quelques jours avant de rentrer chez lui...

 

Le musée d'Urümqi est d'autant plus intéressant qu'il est gratuit...

On y découvre l'histoire de la région, des momies plutôt bien conservées, et une petite phrase très révélatrice de la mentalité chinoise : « le Xinjiang est une région inaliénable de la Chine ». Ils avaient sans doute besoin de l'indiquer pour en être persuadé...

Ils présentent ici comme une richesse la différence qu'ils combattent férocement sur le terrain.

Dommage !

 

Mis à part son architecture moderne, et la ravissante mode vestimentaire des jeunes chinoises, cette ville n'a que peu d'intérêt.

Je vais tout de même dans le quartier Ouïghour mais celui-ci, en plein milieu d'un quartier chinois se révèle encore une fois bien décevant. Ceci dit, les deux communautés semblent effectivement se mélanger, il faut dire qu'ils n'ont pas beaucoup le choix non plus. A défaut de se comprendre, c'est déjà ça.

Les deux bazars sont de vrais pièges à touristes totalement inintéressants.

 

Par contre, l'accueil des Ouïghours est toujours aussi chaleureux. Je tombe ainsi sur des jeunes qui veulent tout savoir sur moi alors qu'ils ne parlent pas un mot d'anglais, et veulent absolument me faire réciter en arable « Allah est grand et Mohamed est son prophète »...

La réplique d'une mosquée Afghane, à côté du magasin Carrefour, vaut le détour.

 

Je parviens à régler un « problème technique » : à la fin de mon voyage, j'ai un vol Moscou - Varsovie, via Riga, pour aller saluer mes amis Polonais avant de rentrer.

Et voilà que je reçois un mail d'Opodo (réservation d'avions par Internet) que mon vol Riga - Varsovie aura lieu ...avant mon vol Moscou - Riga.

Je contacte Air Baltique et les choses s'arrangent. Mon vol a été annulé (je m'en étais douté!) et l'on m'en propose un autre. J'aurai 5 heures de transit à Riga, ce qui me permettra peut-être de faire un aller - retour très rapide en ville.

 

En attendant, ce dimanche 12 juin, direction Beijing, en avion !

 

J'ai passé de très bons moments dans le Xinjiang, même si la déception est grande, mais il fallait s'y attendre : la magie de la Route de la Soie a bel et bien disparu !

Par contre, j'ai vraiment passé de très bons moments en compagnie de ces Ouïghours si accueillants et si chaleureux.

 

Je laisse le dernier mot à Colin Thubron  :

« Si la Russie avait conquis le Xinjiang, la région aurait été enrôlée comme République socialiste et soviétique, parmi les États d'Asie centrale de Staline. Et, avec l'effondrement de l'Union Soviétique, elle serait devenue une nation indépendante, en même temps que les autres. Un pays enfermé dans les terres, mais riche en pétrole (30% des réserves actuelles chinoises !) et en minéraux : une république de l'Ouïgouristan ».

...Et c'est la statue de Staline que l'on découvrirait sur la Place du Peuple de Kashgar au lieu de l'actuelle statue de Mao.

 

 

lien permanent

L'ombre de la Route de la Soie, 1ère partie  posté le mercredi 29 juin 2011 11:11

 

L'ombre de la Route de la Soie...

1ère partie : de Lanzhou à Dunhuang

 

 

Lundi 09 mai 2011, après un séjour de 3 semaines au Tibet en compagnie des parents, direction la partie Chinoise de la Route de la Soie partiellement avec Papa, Maman rentrant au Pays.

 

La « Route de la Soie » était un réseau de routes commerciales entre l'Asie et l'Europe, allant de Chang'an (l'actuelle Xi'An) en Chine, jusqu'à Antioche, en Syrie médiévale.

Elle doit son nom à la plus précieuse marchandise qui y transitait : la soie, dont seuls les Chinois connaissaient les secrets de fabrication. Cette dénomination, forgée au 19ème siècle, est due au géographe allemand Ferdinand von Richtofen.

(Wilkipédia)

 

Lorsque j'ai décidé de parcourir ce tronçon, et lorsque j'en parlais autour de moi, je pense que les yeux de mes interlocuteurs pétillaient de la même façon : on imagine tous des caravanes de chameaux transportant des biens précieux à travers le désert et en faisant étape dans de délicieuses et agréables oasis...

Pour m'aider à réaliser ce voyage, je me suis acheté « L'ombre de la route de la Soie » de Colin Thubron, un romancier - voyageur qui l'a parcourue de bout en bout.

Je n'avais pas trop fait attention à la signification du titre à l'époque...

J'ai fini par comprendre...

 

« Cent raisons vous appellent à partir. Vous partez pour toucher des identités humaines, pour peupler une carte vide. C'est le cœur du monde pensez-vous. Vous partez pour rencontrer les formes changeante de la foi. Vous partez parce que vous êtes encore jeune et avide de stimulation, avide d'entendre crisser vos chaussures dans la poussière. Vous partez parce que vous êtes vieux et que vous avez besoin de comprendre quelque chose avant qu'il ne soit trop tard. Vous partez pour voir ce qui se passera.

Cependant, suivre la Route de la Soie, c'est suivre un fantôme. Elle a beau couler à travers le cœur de l'Asie, elle a officiellement disparu ».

(Colin Thubron, L'ombre de la Route de la Soie, Folio).

 

De nos jours, la Route de la Soie est un projet autoroutier et ferroviaire qui rejoindra l'Europe depuis Pékin, en passant par le Kirghizistan, l'Ouzbékistan, le Tadjikistan, le Turkménistan, l'Iran et la Turquie.

Les travaux avancent bien et la future caravane moderne (le TGV Chinois, 300 km/h de moyenne) réalisera en une heure ce que les anciennes caravanes mettaient 5 à 6 jours à parcourir...

 

Nous sommes donc le lundi 09 mai 2011 et papa et moi nous nous dirigeons vers Tianshui depuis Lanzhou.

Nous sommes dans le Gansu, « où il pleut très rarement » d'après le Lonely Planet... Nous avons donc laissé à maman le soin de reprendre nos pulls chauds, nous pensons ne plus en avoir besoin. Nous espérons plutôt être en short et en t-shirt.

D'emblée, nous nous payons un climat à la belge : pluie, éclaircie, pluie, pluie, éclaircie, soleil, pluie, pluie, pluie... Ça commence fort !

Tianshui est une drôle de ville composée en fait de deux localités distinctes, reliées par une longue autoroute. La gare routière est d'un côté et la gare ferroviaire de l'autre...

D'après le Lonely Planet, cette ville est « l'une des villes les plus intéressantes du Gansu »... Il faudra se mettre d'accord sur le mot « intéressant »...

 

Le principal réel intérêt de la région, ce sont les Grottes de Maiji Shan, ou Mont de la Meule de Foin, qui comptent parmi les quatre plus grands groupes de grottes du pays, avec Datong et Luoyang, qui j'ai déjà vus, ainsi que Dunhuang, où nous nous dirigeons.

Le Mont de la Meule de Foin porte bien son nom puisque la formation rocheuse solitaire se détache sur un paysage de collines verdoyantes.

Elle est percée de milliers de grottes où l'on découvre de véritables œuvres d'art avec des statues de Bouddha, des statues protectrices et j'en passe, datant des dynasties des Wei du Nord et des Zhou (386 - 581 après JC).

Un Suisse réalisant une étude pour le Gouvernement Chinois nous y conduit... Il tient des propos intéressant sur ce pays. Entre autre à propos du miracle économique de ce pays qui a créé 600 millions de riches en moins de 30 ans...

Sur place, nous sommes les stars du jour : il ne passe pas beaucoup d'Occidentaux par ici et nous nous faisons prendre en photo par des jeunes. La séance photo, bien sympa, va durer un certains temps...

 

Jeudi 12 mai 2011, après s'être dirigés vers l'Est, demi-tour vers l'Ouest, direction Zhangyé en train.

Pour ce faire, nous repassons par Lanzhou puis nous entrons dans le Corridor du Hexi.

Cette étroite bande de terre, bordée de montagnes, qui forme le cœur de la province, était jadis la seule voie qui reliait l'Empire du Milieu aux territoires de l'Ouest.

Au Sud, débute le Plateau Tibétain et nous apercevons d'ailleurs quelques Stupas sur les hauteurs.

Les paysages alternent cependant mais le point commun de la région est son côté grisâtre : la terre, les montagnes, les habitations, tout est gris, et désertique !

Être caravanier ici ne devait pas être très excitant à l'époque...

Nous arrivons à Zhangyé en soirée après avoir déjà compris que nous étions au milieu de nulle part.

C'est ici que, pendant longtemps, se terminait l'Empire du Milieu, et que les empereurs lançaient leurs troupes vers ces contrées barbares et inconnues.

« Mais, lorsqu'on vira vers le Nord pour emprunter la corridor du Gansu qui décrit une courbe vers le Xinjiang, le vide de l'Asie intérieure emplit le paysage de son pressentiment. Les villages donnaient l'impression de se désintégrer à mesure qu'on approchait, leurs murs de brique tournaient à la boue séchée. Ils semblaient quasi abandonnés;leurs morts gisaient sous des tumulus dans les champs. Tout avait l'air à moitié construit, délabré. Peu à peu les champs se raréfièrent, les collines se changèrent en poussière nue. Les éperons empilés comme des gradins encombraient les gorges, au point qu'on finit par serpenter entre des ziggourats ».

(Colin Thubron, L'ombre de la Route de la Soie, Folio).

 

Jusqu'ici, la communication avec les Chinois était facile. Plus on avancera, plus elle deviendra difficile, de moins en moins de Chinois parlant anglais. Pas facile !

C'est le cas à l'hôtel également mais on parvient tout de même à se faire comprendre.

L'intérêt du coin, c'est essentiellement le Mati Si, le Monastère du Sabot de Cheval, perché sur une falaise de grès. Nettement moins impressionnant que le monastère suspendu près de Datong, il n'en reste pas moins très intéressant.

D'énormes grottes y ont été percées et, en hauteur, ce sont d'étroits passages qui relient des salles entre elles.

La falaise élevait au-dessus de nous la soixantaine de mètres d'un mur de grès couleur feu. Les fenêtres, étagées en rangs inégaux sur son flanc, trahissait le fait que tout l'escarpement était truffé d'escaliers et de pièces.

(Colin Thubron, L'ombre de la Route de la Soie, Folio).

 

En ville, on découvre la superbe Tour du Tambour, mais aussi une rue piétonne bordée de restaurants très sympathique, et enfin le Temple du Grand Bouddha, renfermant un bouddha couché de 35 mètres de long, ce qui nous semble à priori un peu exagéré.

Mais il est néanmoins superbe.

La ville, quant à elle, est une grosse ville Chinoise sans trop d'intérêt, mais agréable tout de même.

C'est là que je passe chez le coiffeur, il était temps... La coiffeuse me rase complètement ma barbe, ça fait tout drôle !

Papa trouve un autre coiffeur qui lui fait la boule à zéro !

 

Dimanche 15 mai, direction Jiayuguan.

Rassurez-vous, nous ne savons pas non plus comment se prononce ce nom... Les Chinois le disent d'une manière totalement incompréhensible...

Nous prenons le bus pour y aller, qui emprunte l'autoroute, longeant les travaux du futur TGV. Les paysages sont toujours aussi gris, plats et mornes.

On s'installe dans l'hôtel « coup de cœur » du Lonely Planet. Après ça, on a décidé de ne plus aller dans leurs « coups de cœur ». C'est malheureusement aussi l'un des seuls hôtels « corrects et bon marché » de la ville.

 

Jiayuguan constituait une étape majeure de la Route de la Soie.

Après la construction d'un fort par la dynastie Ming en 1372, la ville fut surnommée « la bouche » de la Chine, tandis que l'étroit corridor du Hexi était appelé « la gorge ».

Aujourd'hui, c'est une ville Chinoise sans aucun intérêt où se développent de tout aussi affreux parcs industriels.

 

Néanmoins, la région, elle, est intéressante : pour le Surplomb de la Grande Muraille tout d'abord. C'est en effet ici que se termine, bien fatiguée, cette fabuleuse œuvre d'art... Il n'en reste plus grand chose même si un tronçon a été reconstitué en miniature.

Le Fort de Jiayuguan fut baptisé « Passe imprenable sous le ciel ». Il constituait le dernier bastion de l'Empire et la fin du « monde civilisé ».

C'est de la Porte de la Conciliation que sortaient tous les exilés de l'Empire à destination de nulle part...

La muraille n'était plus une frontière : la Chine s'étendait au-delà, sur plus de 1600 km.

(Colin Thubron, L'ombre de la Route de la Soie, Folio).

 

Enfin, dernière visite, celle d'une Tombe de l'époque Wei et Jin (environ 220 - 420) en plein milieu d'un désert de caillasse.

A l'intérieur, les murs de brique sont ornés de peintures étonnamment vives représentant des scènes de la vie quotidienne.

 

A noter, en ville, que nous irons souvent au même restaurant, le seul à disposer d'une carte en anglais, que nous finirons par connaître par cœur.

Les petites serveuses nous feront à chaque fois bon accueil...

Certaines d'entre elles, d'à peine 20 ans, servaient des couples d'un autre âge...

Nous nous sommes souvent demandés ce que les uns pensaient des autres : que pensent ces jeunes filles qui n'ont jamais connu que cette aire capitaliste de ces « ancêtres » qui ont connu d'autres époques : la fin de l'Empire du Milieu (en 1912 : ces anciens-là doivent se faire rare...), la république (1912 - 1916), la guerre civile (1916 - 1926), le gouvernement de Tchang Kai-chek (1926 - 1931), l'invasion japonaise (1932 - 1945), la Longue Marche de Mao (1935), la seconde guerre civile (1946 - 1949), la proclamation de la République Populaire de Chine par Mao en 1949, la « Campagne des Cent Fleurs » (1957), le Grand Bond en Avant (1962), la Révolution Culturelle (1966), l'introduction de la politique de l'enfant unique (1980), les réformes économiques vers le capitalisme (début des années 1980), les « événements » de la Place Tian 'Anmen (1989...) et le premier astronaute chinois dans l'espace (2003)...

Mille vies dans une seule, ça laisse songeur !

 

 

Mercredi 18 mai 2011, direction Dunhuang, à travers le désert de caillasse encore et toujours.

Les 100 derniers kilomètres sont réellement complètement désertiques et il faut quelques secondes pour se rendre compte que l'avion que l'on voit n'est pas un mirage mais bel et bien l'aéroport de la ville aux portes du désert. La gare ferroviaire, presque en face, est aussi surréaliste que mégalomane.

Après une route à 2 bandes bien roulante à travers le désert, la route passe à 4 bandes, mais la vitesse y est limitée à ...30 km/h ! C'est stupide, mais comme en plus il y a des radars...

Dunhuang constitue la dernière étape de papa, et probablement l'étape la plus intéressante.

Même si la ville est, encore et toujours, d'architecture chinoise, c'est-à-dire moche, l'oasis n'en est pas moins agréable.

On vient jusqu'ici pour les Grottes de Mogao, qui comptent donc parmi les quatre plus grands groupes de temples du pays.

Elles sont extraordinaires ! Je crois que des quatre groupe de grottes, c'est celui-ci le plus fabuleux à découvrir car on peut y découvrir un mélange de style de toutes les régions voisines, de l'Inde au Pakistan en passant par le Tibet.

En outre, les deux grand bouddhas, hauts de 34,5 et 26 mètres sont réellement émouvants.

Les influences de la Chine, de l'Inde, de l'Asie Centrale, et même de Perse, se bousculaient, se mêlaient (Colin Thubron, L'ombre de la Route de la Soie, Folio).

 

Le Lac du Croissant de Lune est également très intéressant.

Au pieds d'immenses dunes de sable (ENFIN!), s'étend un miraculeux plan d'eau et un tout petit monastère vraiment très sympathique.

La cause du miracle est une mince rivière qui descend des collines et coule vers nulle part.

(Colin Thubron, L'ombre de la Route de la Soie, Folio).

 

Le Lonely Planet signale que l'endroit est devenue une activité touristique complètement débridée et, de fait, ce n'est pas triste. Les Chinois ont malheureusement le grand art de « Disneylandiser » tout centre d'intérêt, et d'en détruire du coup la magie des lieux...

 

C'est de là que papa repart, en avion, vers Pékin puis vers la Belgique.

Pour ma part, je continue toujours un peu plus vers l'Ouest.

Je dois avouer que j'ai dû passer une journée de plus à Dunhuang car je me suis trompé de gare !

En effet, en achetant mon billet de chemin de fer pour Turpan, je n'ai pas vraiment fait attention : pour moi, le départ se faisait forcément de la gare ferroviaire de Dunhuang, à 10 km du centre et j'ai donc bien pris mon temps, inutile de se dépêcher.

Lorsque j'ai demandé au patron de ma guesthouse de m'appeler un taxi pour me conduire à la gare, celui-ci m'a répondu qu'elle était trop loin pour y aller en taxi, et que, de toute façon, deux heures avant le départ, il était trop tard... Je n'ai pas bien compris la réponse sur le moment mais j'ai vite compris : le train pour Turpan ne part pas de Dunhuang mais de Luyuhan, à ...120 km de là.

J'ai donc été quitte pour passer une nuit supplémentaire à Dunhuang, et à me racheter un nouveau ticket.

 

C'est ici que la Route de la Soie s'infléchit vous l'Ouest et se divise en deux pour contourner le terrible désert du Taklamakan par le Nord et par le Sud, et rejoindre ensuite les montagnes su Pamir par des pistes de 2400 km. Quelque fût l'itinéraire emprunté, les marchands allaient tous à Dunhuang pour s'approvisionner, louer les services de guides, acheter des chameaux (...). De tous les parcours de la Route de la Soie, celui du Taklamakan était le plus redouté;les voyageurs suppliaient les moines des grottes-sanctuaires de prier pour leurs âmes, et leur offraient des présents en guise d'action de grâce, quant ils revenaient.

(Colin Thubron, L'ombre de la Route de la Soie, Folio).

 

Colin Thubrun prendra la route Sud. Direction le Nord pour moi, mais rendez-vous à Kashgar !

lien permanent
|

ouvrir la barre
fermer la barre

Vous devez être connecté pour écrire un message à lescarnetsdubourlingueur

Vous devez être connecté pour ajouter lescarnetsdubourlingueur à vos amis

 
Créer un blog