TRAIN K3 BEIJING - ULAN
BATOR
Mercredi 06 juillet 2011, je quitte enfin
Beijing pour la Mongolie. Je regrette déjà cette ville
passionnante.
La gare centrale de Beijing est énorme, mais je la connais bien
pour y être passé plusieurs fois. Je me dirige donc très facilement
vers la salle d'attente du Train K3 à destination finale de Moscou.
C'est une salle d'attente à part : non seulement elle est plus
petite que les autres mais en outre, la majorité des passagers sont
des voyageurs occidentaux, ce qui fait tout drôle.
Après la vérification de mes billets et de mon passeport, j'ai
accès au quai et je découvre le Transmongolien qui couvre la
distance Beijing - Oulan Bator - Moscou une fois par semaine.
Le panneau qui l'indique sur les wagons est d'ailleurs
photographié de toute part.
Ce train est évidemment plus « classe » que la plupart
des trains chinois : il y a du tapis partout.
J'ai un compartiment 2ème classe avec, malheureusement, une
couchette supérieure, ce qui ne m'arrange pas vraiment vu l'état de
mon genou gauche, que je maltraite un peu trop en rangeant mon sac.
Le résultat est immédiat, une douleur fulgurante vient me frapper.
Ça commence fort. Je sors rapidement ma genouillère de mon sac. Je
ne l'avais plus utilisée depuis longtemps et ne pensais pas devoir
la porter à nouveau au cours de ce voyage. Fort heureusement, l'un
des 3 australiens avec qui je partage le compartiment me propose
d'échanger sa couchette du bas avec la mienne. J'accepte avec
beaucoup de plaisir.
Le train part à l'heure exacte (7h47) et sort rapidement de
Beijing. Malheureusement, il fait très nuageux, ce qui fait qu'il
est difficile d'apprécier les paysages.
Peu de temps après être partis, surprise, le responsable du
train distribue un ticket gratuit pour le déjeuner ainsi qu'un
autre pour le souper ! Je pensais que les repas n'étaient pas
compris dans le prix du billet, je suis donc agréablement
surpris.
Ceci dit, tout le monde a la même idée de débarquer tôt dans le
wagon restaurant, ce qui fait que celui-ci est très vite complet.
Je rentre donc dans mon compartiment et tente ma chance un peu plus
tard en emportant simplement mon repas.
C'est aussi l'occasion de visiter ce train...
Un train chinois sans Chinois, ça fait bizarre : ce n'est
évidemment pas la même ambiance et je le regrette bien fort.
Entre mon wagon et le wagon restaurant, il y a les premières
classes, comme on les imagine pour les trains mythiques de ce
genre : il n'y a que 2 couchettes au lieu de 4, une plus
grande table, deux fauteuils et une douche que se partagent deux
compartiments : WAW !
Enfin, dans chaque wagon, l'horaire complet du train est
affiché. 6 jours complets entre Beijing et Moscou...
Il y a aussi une petite explication sur le passage de la
frontière entre la Chine et la Mongolie : ça n'a pas l'ai
triste !
Après avoir traversé les villes de Datong (et ses Grottes aux
1000 Bouddhas visitées il y a quelques années) et Zhurihe, nous
arrivons à Erlian, la ville frontière chinoise, à 20h30.
Ici, le but du jeu est simple : il faut effectuer les
formalités d'immigration tout en changeant d'essieux car les voies
chinoises et mongoles sont de largeur différentes...
Dès lors, à peine arrêtés que les officiers de l'immigration
montent dans les wagons et nous « consignent » dans nos
compartiments, tout en collectant et vérifiant nos passeports. Même
une fois cette opération terminée, impossible de descendre du
train : des gardes nous en empêchent : ça ne rigole pas
par ici !
Une fois que l'officier a terminé « son » wagon, nous
sommes alors autorisés à descendre, mais nous ne pouvons pas sortir
de la gare, ce qui limite fortement l'intérêt de l'endroit.
L'autre solution est de rester dans le train et d'observer les
changements d'essieux, ce que je fais.
Le convoi, après avoir changé de locomotive, est donc conduit
dans un énorme hangar où les wagons sont détachés un à un et
séparés. Grâce à l'arrivée du train Ulan Bator - Beijing, j'ai pu
observer ce qui se passait : les ouvriers commencent par
désolidariser les essieux des wagons puis, grâce à des vérins
hydrauliques, commencent à faire monter les wagons d'un bon mètre.
C'est assez impressionnant : nous sommes déjà assez haut dans
un wagon traditionnel, alors lorsque celui-ci est un mètre plus
haut que d'habitude, ça donne une drôle de sensation.
Une fois cette procédure terminée, les essieux sont retirés et
remplacés par de nouveaux, plus larges ou plus étroits selon le
pays, les wagons sont redescendus, les essieux sont à nouveau
attachés, puis le convoi est reformé et l'on peut alors revenir à
la gare. La procédure dans le hangar dure au total 1h30. J'ai été
très surpris de constater que l'on pouvait photographier et filmer
sans soucis...
A la gare, les passagers sont alors autorisés à rentrer dans le
wagon. Ils sont une nouvelle fois suivis par les officiers
d'immigration qui nous rendent nos passeports tamponnés.
Il est minuit, bye bye la Chine et en route vers la
Mongolie.
Une demi-heure après, nous voici au poste-frontière mongol. Même
topo, des officiers d'immigration montent dans le train, récoltent
nos passeports et nous devons alors patienter jusqu'à ce qu'ils
nous les rendent.
A 1 heure du matin, nous rentrons en Mongolie et je peux
m'endormir tranquillement...
Le Nadaam
Je me réveille vers 09h30, la nuit a été bonne.
Les paysages sont superbes et l'on voit déjà les premières
« Ger » (les yourtes mongoles).
L'architecture est désormais complètement différente de la Chine
et se rapproche plus de ce que je connais de la Russie.
Dans les gares, c'est désormais l'alphabet cyrillique qui
prévaut, l'alphabet ayant été imposé par l'URSS, mais pas la
langue...
Après 29 heures de train, nous arrivons pile à l'heure à Ulan
Bator.
J'ai la surprise de voir mon nom sur une affiche : Serge,
lunettes noires, veston en cuir et une carrure plus importante que
la moyenne asiatique, est venu me chercher. Je lui ai réservé une
chambre dans sa guesthouse, mais c'est chez lui qu'il me conduit,
je n'ai jamais vraiment su pourquoi. Mais je passerai une semaine
grandiose.
Serge, c'est le diminutif d'un prénom bien compliqué, parle
anglais impeccablement. Il a vécu quelques années à Prague du temps
du communisme et parle donc impeccablement le tchèque également. Sa
sœur, elle, est mariée à un ...belge et vis à Anvers.
Serge est marié et a deux fils, l'un de 16 ans parlant lui aussi
impeccablement l'anglais (il se prépare d'ailleurs à intégrer une
université à ...Taipei), et l'autre de 8.
Je ne tarde pas à comprendre que dans l'appartement, le chef,
c'est sa femme !
Mon père et mon frère étaient venus à Ulan Bator il y a une
dizaine d'années et m'avaient dit qu'ils avaient l'impression
d'être à la campagne. La ville a dû pas mal changer en dix ans car
j'ai plutôt l'impression, moi, de me retrouver dans un faubourg
glauque de Beijing. Car il faut être clair : Ulan Bator est
sans doute la capitale la plus moche que j'ai visitée. Elle ne
semble avoir aucun plan d'ensemble cohérent, l'architecture est
soviétique, donc horrible, dans son ensemble et il n'y a vraiment
pas grand chose à voir.
Je visiterai tout de même le Monastère Bouddhiste Tibétain
local, tout petit et finalement assez sympa. Sa statue de Bouddha
de 26,5 mètres de haut est impressionnante...
Cependant, c'est une ville d'une étonnante vitalité : il y
a des restaurants, des magasins, des bars, des pubs, des
guesthouses, des hôtels et des cybercafés un peu partout : ça
bouge bien par ici !
On y roule à droite, mais la plupart des voitures viennent
directement du Japon, ce qui fait qu'elles ont elles aussi le
volant à droite...
Je découvre également les Mongols et les Mongoles...
Si jusqu'ici, je pouvais bousculer un asiatique sans avoir peur
de me faire mal, il en est tout autrement par ici : les
Mongols ont une de ces carrures qui imposent le respect et qui ne
donnent certainement pas envie d'aller les bousculer, surtout quand
ils ont bu, et ils sont nombreux. Ça change de l'Asie : on se
rapproche de la Russie dont se sentent proches les Mongols. La
Vodka est partout ici !
Quant aux Mongoles, elles ont aussi une sacré carrure pour la
plupart et s'habillent souvent de manière très sexy, avec des
décolletés très plongeants que l'on ne peut pas louper...
A Ulan Bator, il y a au moins 10 à 15 degrés en moins qu'à
Beijing : je suis souvent en pull alors que les Mongols, eux,
ont trop chaud...
La langue, quant à elle, est complètement incompréhensible et
l'alphabet aussi, même si j'ai l'impression de comprendre quelques
mots.
Enfin, je n'ai pas réussi à découvrir quels étaient les plats
traditionnels locaux. Une chose est certaine, c'est gras !
Je découvre très rapidement, Oh bonheur, deux restaurants
thaïlandais. Je m'empresse donc d'y aller. Le premier ne fait plus
office de resto, quant au second le riz n'est pas thaï et donc le
goût n'y est pas... Bon...
Par contre, la bière est sans doute l'une des meilleures
d'Asie.
La musique moderne locale est assez entraînante et reprend parfois
des tubes occidentaux : The Communards (ah les années 80!) et
Queen en sont deux exemples.
L'Ambassade de Russie est une forteresse d'une mocheté sans nom.
Quant à l'Ambassade de France, au vu des cartes postales de
présentation à l'entrée, elle doit être occupée exclusivement par
des Parisiens et des Bordelais.
Enfin, Ulan Bator est la seule ville d'Asie que je connaisse qui
dispose d'un monument dédié aux « quatre gars de
Liverpool », alias les ...Beatles !
Mais si je suis ici en Mongolie, c'est essentiellement pour le
Naadam : l'évènement le plus important de l'année mongole. A
la fois réunion familiale, foire et olympiades nomades, le Naadam
(qui signifie « fête » ou « jour férié ») puis
ses racines dans les assemblées nomades et les extravagantes
prouesses des armées mongoles.
Elle est composée de 3 sports « virils »
traditionnels : la lutte, le tir à l'arc et la course à
cheval, ainsi que de l'insolite tir à l'astragale.
Dimanche 10 juillet : Fête Nationale
Mongole et 1er jour du Naadam.
Le matin, défilé militaire sur la Place centrale et revue des
troupes par le Président de la République sous l'œil vigilent
mais bon enfant du service de sécurité. Ambiance très agréable. Je
découvre l'armée au féminin ainsi que l'armée et ses décorés...
En début d'après-midi, début de la compétition du tir à l'arc
dans le petit stade voisin du grand.
Les archers, tous en tenue traditionnelle, et c'est superbe,
utilisent un arc composé de cornes, d'écorces et de bois. Les
flèches sont généralement faites de branches de saule et de plumes
de vautour. Le bout est protégé, mais probablement pas assez :
un jeune mongol a reçu une « flèche perdue » à la cuisse
et manifestement, ça faisait très mal.
Les hommes se tiennent à 75 mètres de la cible et les femmes à
60 mètres. Après chaque tir, les juges poussent un cri et lèvent
les bras pour indiquer la qualité du tir.
Lundi 11 juillet : 2ème jour du
Naadam.
Ce matin, c'est la cérémonie d'ouverture. La vente des billets
étant sold out depuis longtemps, Serge n'ayant même pas réussi à
m'en trouver un, le marché noir fonctionne plutôt bien et je finis
par trouver un billet à ...8 fois son prix (24€ au lien de 3).
Mais je ne le regrette pas, la cérémonie est tous simplement
somptueuse, avec en ouverture, l'entrée d'une centaine de cavalier
dans le stade. Ambiance survolté, les Mongols aimant manifestement
les chevaux.
La suite est très colorée elle aussi, avec la parade d'une armée
mongole en uniforme traditionnels, des danses, des chants t des
reconstitutions historiques.
Les premiers combats de lutte suivent la cérémonie
d'ouverture.
La lutte mongole ne connaît pas de limite de temps : le
combat se termine quand l'un des adversaires tombe ou qu'une partie
de son corps autre que les pieds ou les mains touchent le sol.
Avant le combat, les lutteurs exécutent la « danse de
l'aigle » pour témoigner leur respect au juge, puis le
vainqueur l'exécute à nouveau à la fin du combat. Le perdant passe
sous le bras droit du vainqueur en signe de pais entre les
lutteurs. Également très spécifique, la tenue des lutteurs se
compose de lourdes bottes, d'un petit slip serré et d'un boléro
ouvert.
Mardi 12 juillet : 3ème jour du
Naadam.
Je prends un bus depuis le grand stade pour aller voir les
courses de chevaux qui ont lieu en dehors de Ulan Bator.
Le bus est bondé et un Mongol finit par mettre sa fille sur mes
genoux, qui s'endort presque immédiatement : pas farouche les
enfants par ici !
C'est la première fois que je retrouve la nature après presque
un mois et je dois dire que ça fait du bien : la steppe
mongole est tout simplement magique et le sentiment de liberté est
énorme !
Le territoire mongol est tellement grand et tellement peu peuplé
(1.566.500 km2, soit 2 fois la France, pour 2.700.000 habitants,
dont 1.000.000 rien qu'à Ulan Bator...) que le gouvernement offre à
chaque famille mongol 5 km2 de terre... Vous avez bien lu : 5
km2 de terre offerte...
La plupart des Mongols n'en profitent cependant pas... Réaction
de Serge : « Qu'en ferais-je ? »...
Ça laisse rêveur !
Les courses de chevaux ont donc lieu en pleine steppe, puisqu'il
y a toute la place que l'on veut, et se répartissent en 6
catégories selon l'âge du cheval et la distance (15 ou 30 km). Les
jockeys sont des enfants de 5 à 12 ans.
J'assiste à une course de jeunes chevaux montés par de jeunes
enfants de 5 à 8 ans. Ils doivent monter à cheval avant d'apprendre
à marcher, ce n'est pas possible autrement !
Ceci dit, certains chevaux étant montés sans selle, ils arrivent
parfois sans leur cavalier.
J'ai vu le départ de la course à la TV : un départ en ligne
d'une centaine de cavaliers est vraiment grandiose !
L'arrivée est très animée, les Mongols applaudissant le premier
et encourageant tous les autres.
Toute la population d'Ulan Bator et de la région s'étant donnée
rendez-vous pour cette course, le retour est lent, très lent car un
embouteillage monstre se forme pour rentrer dans la capitale.
Mercredi 13 juillet : dernier jour du
Naadam.
Aujourd'hui, Serge me propose d'aller voir les combats de lutte
qui ont lieu dans la steppe, au même endroit qu'hier. On y va avec
son 4X4 en compagnie de 2 jeunes tchèques.
Il y a nettement moins de monde qu'hier, cette dernière journée
étant l'équivalent du « Lundi des Namurois » lors des
Fêtes de Wallonie...
Serge, très fier, m'annonce que le Naadam a été inscrit cette
année au Patrimoine Mondial de l'UNESCO, et il le mérite
bien !
Avant les combats de lutte, Serge nous conduit dans une énorme
ger (yourte mongole) d'un grand groupe économique national. Il y a
ses entrées puisque sa sœur, Miss Mongolia 2002, a épousé le
grand patron...
Nous sommes donc reçus et invités à sa table, où se trouvent le
vainqueur du Tournoi de Lutte Mongole mais aussi un membre du
Gouvernement...
On ne pouvait pas y échapper, on nous sert un bol de lait de
jument fermenté... drôle de goût !
La lutte, elle, a lieu dans une arène et est vraiment
incroyable. Les lutteurs sont très costauds et les combats très
intéressants. Les spectateurs apprécient beaucoup.
A noter, lors d'un pause, l'amusant combat de deux enfants de 5
- 6 ans qui font tout comme les grands !
Jeudi 14 juillet, nous sortons en
famille...
Serge n'emmène visiter le superbe Parc National de Gorkhi -
Terelj situé non loin de « U.B. ». Magnifique endroit,
avec de belles rivières, de belles forêts et des collines. Pas mal
de camps de gers touristiques se sont installés ici et j'avoue
qu'il doit être agréable d'y passer quelques jours.
La « seconde maman » de Serge, 89 ans, habite dans un
ger non loin de là. Toujours bon pied, bon œil, elle nous
reçoit avec des biscuits et ...du lait de jument fermenté. Il est
chaud, ça passe mieux.
En remontant dans le 4X4, j'ai une nouvelle alerte au
genou : il est décidément temps que ce voyage se
termine !
On passe d'excellents moments dans cet énorme Parc National et,
en rentrant, nous passons par la statue la plus incroyable de ce
voyage : une statue équestre de Gensis Khan de ...40 mètres de
haut, en plein milieu de nulle part ! Incroyable.
On accède au sommet de la tête du cheval par un ascenseur, d'où
l'on a une superbe vue.
Train 263 Ulan Bator - Ulan Ude,
Fédération de Russie
Ce vendredi 15 juillet, il est temps de repartir...
Direction Ulan Ude, en République Bouriate faisant partie de la
Fédération de Russie. Intérêt essentiel de la région : le Lac
Baïkal.
La première fois que j'ai entendu parler de ce coin, c'est
lorsque mon paternel, mon frère et un de ses amis en ont été
rapatriés suite à une agression de bouriates en 2004... Mais
n'anticipons pas...
Dans tous les trains russes, comme dans les trains chinois
d'ailleurs, il y a des responsables de wagon. En Russie, ces
hôtesses de train s'appellent les provodnitsa, ou provodnik au
masculin.
Elle (ou parfois il) vérifie les billets avant l'embarquement,
distribue les draps, réveille les passagers qui arrivent à
destination en pleine nuit, s'assure que le samovar est toujours
rempli d'eau bouillante et veille à la propreté du wagon. Sur ce
dernier point, elles sont très forte : les trains russes sont
nettement plus propre que les trains chinois.
Sur les longs trajets, les provdonitsi travaillent en équipe de
deux et se relaient.
Pour monter dans mon wagon, je suis accueilli par un provodnik,
un homme, mais il y a une provodnitsa à l'intérieur, une bonne
femme d'une carrure impressionnante et à la voix tellement forte
que ses enfants doivent l'appeler « papa » plutôt que
« maman ». Elle se révèlera cependant être charmante et
très accueillante.
J'ai comme voisin de compartiment un new-yorkais qui descend à
Irkoutsk, de l'autre côté du Baïkal. Dans les deux compartiments
voisins se trouvent Bernard (étudiant en stage à Singapour, il a
décidé de rentrer à Paris en train depuis Saigon au Vietnam) ainsi
que Éric & Chloé un jeune couple bien sympathique qui, pour
leur premier voyage en Asie, ont décidé de découvrir la Mongolie et
de revenir en train eux aussi. On passe pas mal de bons temps
ensemble, à jouer entre autre à un jeu cartes israélien...
Je découvre aussi les joies des fuseaux horaires : toutes
les gares russes sont à l'heure de Moscou et tous les billets
indiquent cette même heure également : il faut donc bien
savoir sur quel fuseau on se trouve si l'on veut prendre son train
à l'heure. Et il y a 7 fuseaux horaires sur toute la
Russie !
La nuit se passe bien et je suis réveillé vers 07h30 par la
provodnitsa qui vient nous apporter les documents d'immigration.
Nous sommes à la frontière mongole, depuis une heure déjà
semble-t-il...
En descendant du train, je remarque que la loco a été enlevée.
Je dois cependant très vite y remonter sur l'ordre de la
provodnitsa car une officier d'immigration vient récupérer les
passeports. Une militaire passe ensuite vérifier les compartiments
où se trouvent des Mongols. Nous récupérons nos passeports une
petite heure après. Étant dans le compartiment de Éric & Chloé
à ce moment-là, je suis « sommé » de rejoindre le mien
pour récupérer mon passeport...
Le train se remet en route vers 10h45...
Une demi-heure plus tard, nous arrivons à la frontière russe. Un
officier monte dans le train au moment où Bernard prend quelques
photos. Il l'interpelle, lui demande de montrer ses photos et lui
impose de les supprimer : « delete »,
« delete », « delete », ... Ça ne rigole pas
par ici !
S'en suit une fouille complète du compartiment par une soldate
puis le train se remet en marche, entre 2 barrières de fils
barbelés. J'ai l'impression que rien n'a vraiment changé chez les
Ruskofs par rapport à l'URSS...
Les officiers d'immigration russes récoltent alors les
passeports et le train s'arrête dans la première gare russe. La
cassure est nette : les russes sont désormais bien blancs et
les habitations sont en bois.
Nouveau contrôle du compartiment, suivit d'un deuxième avec un
chien policier...
Arrivés dans cette gare vers 11h30, nous n'en repartirons que
vers 16h00. L'attente sera longue, sous un soleil de plomb et pas
grand chose à voir ou à faire à l'extérieur de la gare, à part un
petit marché dont on fait le tour en 2 minutes 30 secondes.
J'arrive à Ulan Ude à 17h00 « Moscow Time » (15h00
« Bruxelles Times »). Je pensais que l'on était sur le
même fuseau horaire que Ulan Bator, soit 22h mais non, il est
23h...
Les proprios de la guesthouse devaient venir me chercher mais
ils ne sont pas là, je dois donc prendre un taxi jusqu'au GST
Hostel. Accueil assez froid, ça commence fort.
ULAN UDE, SIBERIE, FEDERATION DE
RUSSIE
17 - 21 juillet 2011
Cette conversation qu'a eue un copain il y a quelques années est
très vraie : les Russes ne sourient JAMAIS, ou presque. C'en
est dépriment, tout comme la ville d'Ulan Ude d'ailleurs, où il n'y
a pas grand chose à voir et à faire, mis à part la tête géante de
Lénine, la plus grande au monde...
En outre, non seulement les Russes tirent la gu... pratiquement
24/24 mais très peu parlent anglais, ce qui ne donne pas du tout
envie d'aller vers eux. Et dans les magasins, lorsqu'un(e) russe
s'adresse à vous et que vous lui dites en anglais que vous ne
comprenez pas la langue, il (elle) continue à vous parler en russe
comme si on ne leur avait rien dit... Brrrrrr....
Le pire dans tout cela, c'est que si en Asie, on voyait
forcément qui était le touriste et qui était le local à la couleur
de sa peau, ce n'est plus du tout le cas ici, même s'il y a encore
50% d'asiatiques qui sont un peu plus souriants que les
« blancs », je passe inaperçu et j'ai la désagréable
impression de devoir montrer que je suis un étranger.
La seule véritable bonne nouvelle, c'est que la censure chinoise
est dernière moi et je peux enfin ouvrir Facebook, où j'ai pas mal
de messages.
Je suis ici à Ulan Ude pour découvrir le Lac Baïkal situé non
loin d'ici. J'avais programmé plusieurs jours en espérant pouvoir
loger proche du Lac mais je me rendrai très vite compte que de ce
côté-ci du Baïkal, ce n'est pas vraiment possible. J'ai donc bien
trop de temps à ma disposition.
Je me rends à Oust-Bargouzine, petit village le long du Lac
Baïkal en bus local, à travers de superbes paysages. Je suis le
seul étranger à bord, personne ne sourit...
Le Lac Baïkal représente la plus grande réserve d'eau douce
liquide de surface au monde : 23.400 km2...
Il est vraiment très joli, même si le temps ne permet pas de
l'observer convenablement.
Curieusement, alors qu'il faisait étouffant hier, il fait froid
aujourd'hui : drôle de gens, drôle de pays...
Je m'offre une petite promenade le long de ses berges mais
l'état de mon genou étant celui qu'il est, je préfère rester
prudent.
Dans le superbe village de Oust-Bargouzine, les maisons en bois
aux fenêtres superbement décorées sont vraiment très
plaisantes.
Il y a aussi un complexe de sanatorium, où les russes se rendent
en masse.
Je suis abordé en russe par Alexis, un jeune homme SOURIANT
(enfin un!). Lorsque je lui dit que je ne parle pas russe, il se
met à parler un peu anglais avec moi. La conversation est très
plaisante même si un peu limitée. Mais au moins, elle a eu le
mérite d'exister.
Dans le bus de retour, je fais la connaissance de Boris, un
autre russe, asiatique, avec qui je discute un peu.
Dans un premier temps, je constaterai qu'il existe deux sortes
de Russes : ceux qui parlent anglais et qui sont très
accueillants, et ceux qui ne parlent pas anglais et qui sont aussi
accueillants qu'une porte de prison...
Mais je me rendrai compte plus tard qu'en fait, la distinction
doit plutôt se faire entre les gens qui voyagent et ceux qui ne
voyagent pas...
Le 20 juillet, je vois arriver 3 Flamands à la guesthouse !
On fait connaissance, en anglais, en flamand et en français et le
courant passe immédiatement.
On parle un peu politique aussi : ils n'aiment pas vraiment
Bart De Wever mais on rigole surtout de la situation de notre petit
pays.
Le lendemain soit, 21 juillet, Fête « Nationale », on
passe une soirée très agréable.
TRAIN T4 ULAN UDE -
KRASNOÏARSK
Vendredi 22 juillet 2011
Départ à l'heure...
Dans mon compartiment, se trouve Boris, un jeune homme
d'affaires de 25 - 30 ans parlant un anglais impeccable.
On discute pas mal, il est très accueillant, ce qui fait du
bien !
Je lui explique que je suis venu à Saint-Petersbourg en 1982,
mais qu'en ce temps-là, la ville s'appelait Leningrad et le pays
URSS, et que ça a sans doute pas mal changé depuis ce temps-là, il
me répond que les Palais et les bâtiments de Saint-Petersbourg sont
toujours là et que la ville est toujours la même... En voici un qui
n'a pas connu la période du communisme...
Très vite, on longe le Lac Baïkal, sous le soleil. C'est
vraiment magnifique. Il y a pas mal de petits villages en bois et
des russes qui campent le long des berges.
Boris descend à Irkoutsk, sa ville natale, et c'est Viktor qui y
monte. Lui aussi parle un anglais impeccable et on discute pas mal
aussi. Physiquement, il ressemble à ...Bart De Wever, en plus mince
et en probablement plus sympathique.
Juste avant d'arriver, je lui demande s'il connait l'adresse de
la guesthouse que j'ai réservée. Il me répond par l'affirmative et
me propose de me trouver un taxi pour y aller.
Une fois à la gare, il retrouve sa superbe femme blonde et me
déclare que, finalement, il va m'y conduire en voiture ! Je
suis agréablement surpris !
Ils m'y déposent donc, sans rien me demander, après avoir
quelque peu cherché le bon endroit.
A Krasnoïarsk, nous ne sommes plus qu'à « Moscou
+4 ».
KRASNOÏARSK
23 juillet 2011
Le Kiwi Hostel est une toute petite auberge de jeunesse
installée dans l'appartement d'un immeuble à la limite de la ville.
Le couple de propriétaire, deux jeunes, sont très accueillants et
très sympathiques.
Deux anglais et un australien sont présents, bientôt rejoints
par 3 suisses. Les deux anglais ont un tel accent que j'ai parfois
l'impression qu'ils parlent allemand.
Krasnoïarsk n'est pas une ville très intéressante et, encore une
fois, les russes qui ne parlent pas anglais sont fermés et
désagréables.
L'intérêt de l'endroit réside dan la superbe réserve naturelle
proche de la ville. Je m'y rends et m'y ballade en faisant très
attention à mon genou gauche.
En réalité, je ne sais pas où il en est : quelque part, je
me sens rassuré car la promenade se passe bien mais j'ai de temps
en temps l'impression qu'il est prêt à lâcher. Quoiqu'il en soit,
je dois rester extrêmement prudent.
TRAIN 339/349 KRASNOARSK -
IEKATARINBURG
25 juillet 2011
Ce trajet est le plus long de mon trajet : 36 heures et
passage de deux fuseaux horaires.
Je me retrouve dans le compartiment de Patrick et Tatiana, qui
voyagent avec leurs deux filles Annia (8 ans) et Sasha (6 mois).
Patrick vient de terminer son service militaire à Khabarovsk, sur
la Côte Est proche de Vladivostok et ils rentrent dans la famille
de Tatiana qui habitent l'enclave de Kaliningrad située entre la
Lituanie et la Pologne. 6 jours de train jusqu'à Moscou puis,
enfin, avion : fameux périple avec des enfants de cet âge.
Tatiana, qui ressemble à Axelle Red mais en brune, parle un tout
petit peu l'anglais. Cependant, c'est mon petit dictionnaire
français - russe qui nous sauve en partie. On essaye de se
comprendre, étant tous frustrés de la faiblesse de ce dictionnaire,
mais ça se passe cependant très bien. Patrick prend régulièrement
mon dictionnaire, écrit la traduction française puis me la tend. A
un moment, il me demande si je joue aux échecs. Je lui répond que
je suis très mauvais. Il reprend mon dictionnaire pour écrire
« Dommage ! ».
Peu après le départ, « idot docht' » : il
pleut !
En soirée, lors d'un arrêt, Patrick a acheté une bouteille de
Vodka. Je me doutais bien que je n'y couperais pas au cours de ce
voyage. Nous y voici donc. Fort heureusement, ce n'est qu'une
bouteille d'un demi-litre, je n'ai pas à aller loin puisque je suis
sur ma couchette et que j'ai le lendemain pour m'en remettre
éventuellement...
De toasts en toasts, on vide la bouteille à deux et ça se passe
mieux que je ne le redoutais. Mais c'était limite tout de même.
La nuit est excellente !
Le lendemain, je passe quelques moments à jouer avec Annia, une
jolie petite blonde aux yeux bleus.
IEKATARINBURG
26 juillet 2011
J'arrive très tard, vers 22h30, à
Iekatarinburg...
Cette fois-ci, je m'étais décidé à loger chez
l'habitant, les hôtels étant assez chers en Russie. J'avais donc
réservé au « Meeting Point », et la propriétaire,
Ekatarina, m'avait rapidement contacté par mail. Le contact est
tout de suite bien passé.
Comme j'arrivais tard, vers 22h30 (« Moscow
Time » +2), je lui ai demandé si elle pouvait m'appeler un
taxi.
C'est en arrivant à la gare que j'ai reçu le sms
le plus insolite de ce voyage : Ekatarina me signalait
simplement que le taxi de marque « Reno » de couleur
blanche et avec un certain numéro de plaque m'attendait. Et
effectivement, il y était !
Ekatarina est une jeune femme dynamique (parfois
un peu trop) de 25 - 30 ans parlant impeccablement l'anglais. Elle
a transformé son minuscule appartement de deux pièces en dortoir.
C'est une expérience assez sympa finalement.
Le tour de la ville, par contre, est assez
décevant. Il n'y a pas grand chose à voir. Ou plutôt il n'y a plus
grand chose à voir, l'un des derniers gouverneurs de la ville, un
certain ...Boris Eltsine ayant rasé pas mal d'anciennes
habitations.
Finalement, le seul endroit intéressant reste le
site commémorant la mort de la Famille Impériale Russe non loin
d'ici. La massive église du Sang qui a été construite est assez
jolie.
Le site exact où ils ont été tués n'est pas très
loin, je n'irai finalement pas.
Par contre, Iekatarinburg est non seulement la
porte d'entrée de la Sibérie, à 300 km à l'Est d'ici (je ne suis
donc plus dans cette région) mais en outre, elle est aussi la porte
d'entrée de l'Europe, à une cinquantaine de kilomètres à l'Ouest de
la ville. J'aurais aimé aller jusque là mais c'était,
financièrement parlant, assez difficile...
La Suite ...et la fin !
La fin de ce voyage approche tout doucement, et
j'en suis très heureux, ne fut-ce que pour mon genou...
Voici donc la suite, et la fin, de mon
voyage :
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Vendredi 29 juillet : train Iekatarinburg -
Vladimir, dans l'Anneau d'Or, à 300 km de Moscou.
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Samedi 30 juillet : arrivée à Vladimir
après 24 heures de train « seulement ».
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Lundi 1er août : bus Vladimir - Suzdal,
cette dernière n'étant pas située sur une ligne de chemin de
fer.
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Mercredi 3 août : retour sur Vladimir pour
me rendre à Moscou. Je veux le faire en train !
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Vendredi 05 août : Vol Moscou - Riga -
Varsovie. J'ai 6 heures de transit à Riga, j'espère pouvoir visiter
la ville. A Varsovie, je retrouve mes amis polonais et l'on
visitera le nouveau musée Chopin !
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Lundi 08 août : Vols BT462 Varsovie
(13h05) - Riga (15h45) & BT603 Riga (17h15) - Bxl
(18h40) !